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Introduction aux Pères de l'Eglise

Introduction aux Pères de l'Eglise

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Qu'est-ce qu'un Père de l'Eglise ? une étude simplifié pour comprendre rapidement ce qu'est un père de l'église, et pour donner envie de découvrir leur enseignement

A partir d’un article du Dictionnaire de Théologie Catholique, nous essayons de donner quelques indications simples sur ce qu’est un Père de l’Église. Vous pourrez ensuite consulter les livres des Pères de l’Église que nous éditions.

On désigne par le terme de Père de l'Eglise des écrivains ecclésiastiques de l’antiquité chrétienne, considérés par l’Eglise comme des témoins particulièrement autorisés de la foi.

L'idée est simple : même si le fondateur de l'Eglise catholique a transmis à ses disciples la foi, et qu'il leur a expliqué ce qu'ils devaient croire, dans les premiers siècles de l'Eglise, ses membres ont été confrontés à la nécessité de conceptualiser, d'expliquer ce contenu de la foi, essentiellement face aux hérésies.

Les Pères de l'Eglises sont ses hommes qui ont su donner une explication rationnelle de leur foi. Très souvent, ils ont dû ellaborer des concepts philosophiques pour expliquer ce en quoi l'Eglise croyait. Par exemple la notion de personne pour expliquer les personnes divines et la Trinité. On pense à saint Athanase d'Alexandrie, par exemple, ou encore à saint Augustin.

D'autres ont du trouver une réaction pastorale aux problèmes auxquels ils étaient confrontés. Quelle attitude adopter envers les fidèles qui ont renié la foi face aux persécutions ? C'est le cas de saint Cyprien de Cathage.

I. Notion de Père de l’Église

1. Quoi qu’il en soit de l’emploi antérieur du nom pour désigner soit les évêques, en tant que tels, soit les maîtres de doctrine, on peut dire qu’à partir de la seconde moitié du IVe siècle l’expression « Pères » (au pluriel) a très sensiblement la signification que nous donnons aujourd’hui aux mots « Pères de l’Église ». Entendant par là un groupe plus ou moins nettement circonscrit de personnages ecclésiastiques appartenant au passé et dont l’autorité est décisive en matière de doctrine. Cette autorité ne leur vient pas seulement de leur âge, elle n’est pas simplement l’autorité particulière de tel ou tel, elle résulte de l’accord de ces personnages entre eux. « Ce que nous enseignons, écrit saint Basile, ce ne sont point les résultats de nos réflexions personnelles, mais ce que nous avons appris des saints Pères. » Cet enseignement, c’est celui des Pères réunis à Nicée.

Lors des grandes controverses christologiques du Ve siècle, on fait appel de part et d’autre à l’autorité des Pères. La sommation adressée à Nestorius par saint Cyrille d’Alexandrie, en novembre 430, appuie l’interprétation qu’elle donne du symbole de Nicée sur les affirmations des Pères. C’est pour rester fidèle à la foi proclamée par les membres du célèbre concile qu’il faut proclamer le Christ à la fois Dieu et homme. A la première séance du concile d’Ephèse, 22 juin 431, Cyrille, pour attester sa propre orthodoxie et établir l’erreur de Nestorius, fait lire un dossier d’extraits patristiques : « Nous avons, dit Pierre, chef de la chancellerie alexandrine, préparé des extraits des livres de vénérables et saints Pères, d’évêques et de divers martyrs. Si le concile le juge bon, nous en donnerons lecture. » C’est ainsi que furent lus des textes empruntés à Pierre, évêque d’Alexandrie et martyr, à saint Athanase, à Jules et à Félix de Rome (en réalité, ces deux pièces sont des faux apollinaristes), à Théophile d’Alexandrie, à Cyprien, à Ambroise, à Grégoire de Nazianze, à Basile de Césarée, à Grégoire de Nysse, à Atticus de Constantinople, à Amphilochius d’Iconium.

2. Cet emploi du nom, dont on peut dire que son sens est fixé sans changement dès le Ve siècle, nous permet de poser la définition que nous avons inscrite ci-dessus. Les Pères de l’Église sont bien des écrivains ecclésiastiques de l’antiquité chrétienne qui doivent être considérés comme des témoins particulièrement autorisés de la foi. Chacun des mots de cette définition est justifié par les considérations qui précèdent.

3. Notes auxquelles se reconnaît un Père de l’Eglise. – Les théologiens ont précisé les notes qui caractérisent un Père de l’Église, et ils les ont ramenées à quatre : l’orthodoxie de la doctrine, la sainteté de la vie, l’approbation de l’Église, enfin l’ancienneté. Un bref commentaire complétera l’explication de la définition ci-dessus.

a. Orthodoxie de la doctrine. – Cela ressort de ce qui a été dit : un écrivain ne peut être sans cela un témoin autorisé de la foi de l’Église. Mais il n’est pas absolument indispensable que cette orthodoxie se marque dans tous les détails. Il est, dans la doctrine chrétienne, plusieurs points qui n’ont été définitivement réglés qu’après un certain temps, souvent après des discussions assez vives. On ne fera pas grief à un Père de n’avoir pas observé toute l’exactitude voulue dans l’énoncé de doctrines qui n’ont été précisées qu’après lui, d’avoir adopté, dans une controverse, telle position qui s’est ultérieurement classée comme fausse. Saint Irénée était millénariste ; saint Augustin n’est pas arrivé à se faire une opinion sur l’origine de l’âme ; Saint Jérôme a rejeté les deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Rien de tout cela n’empêche de considérer ces personnages comme des Pères de l’Église, et les deux derniers comme des docteurs, c’est-à-dire comme des Pères d’une autorité exceptionnelle.

b. Sainteté de la vie. – Ce que les Pères enseignent, ce n’est pas une doctrine quelconque, c’est la « science du salut ». Cette science ne s’acquiert pas seulement par la pure spéculation. Pour la pénétrer, il faut que l’âme, se dépouillant de ses préjugés, s’ouvre largement aux inspirations de la grâce. L’union à Dieu, la vie intérieure, la sainteté apparaissent ainsi comme la garantie d’une compréhension plus exacte des choses célestes. Mais il ne faut pas exagérer. Les exigences de l’antiquité chrétienne en cette matière étaient d’un autre ordre que celles qui se font jour dans nos modernes procès de canonisation. L’ « avocat du diable » aurait beau jeu à relever dans telle vie de Père de l’Église, d’un saint Jérôme, d’un saint Cyrille, des objections redoutables. L’Église ne laisse pas, pour autant, de les compter parmi ses docteurs.

c. Approbation de l’Église. – Cette approbation en certains cas s’est exprimée de manière expresse.

d. Ancienneté. – C’est ici que se poserait la question des limites à assigner à l’antiquité chrétienne. Sur ce point, les idées ont beaucoup varié. Les gens du XVIe siècle appelaient couramment « Pères » les écrivains du Moyen Âge qui n’étaient pas des scolastiques. Les premières Patrologies (elles datent du XVIIe siècle) font place à des écrivains du XVIe siècle. On entend appeler, aujourd’hui encore, saint Bernard « le dernier des Pères ».

Toutefois, l’accord semble s’être fait, depuis la fin du XVIIIe siècle, pour réserver le nom de « Pères » aux écrivains de l’antiquité chrétienne, en tant que celle-ci s’oppose au Moyen Âge. Que si l’on entend par ce dernier terme l’époque où achèvent de disparaître les derniers vestiges de la culture gréco-romaine, on peut, sans trop d’hésitation, fixer au milieu du VIIe siècle la coupure en Occident. Grégoire le Grand († 604), Isidore de Séville († 636), compteront encore parmi les Pères. En Orient, où les transitions furent plus ménagées, on convient d’arrêter l’âge patristique à saint Jean Damascène († vers 749). Ces limites, de toute évidence, n’ont rien d’absolu.

II. Autorité doctrinale des Pères.

Puisqu’ils sont les témoins de la foi de l’Eglise, les Pères ont été, dans le passé, invités à déposer au sujet de cette foi, quand il s’est agi de savoir si tel ou tel point de doctrine appartenait au domaine de l’enseignement ecclésiastique officiel. Bien que le nombre des questions non liquidées ait beaucoup diminué de nos jours, il reste encore des problèmes de dogme ou de morale à résoudre, sur lesquels on peut être appelé à demander l’avis des Pères. Quelle est donc l’autorité qui s’attache à telle ou telle assertion patristique ? La question ne peut être traitée dans son ensemble qu’au mot TRADITION ; l’on ne trouvera donc ici que des indications fort sommaires.

1° Autorité d’un Père pris isolément. – Un Père, en tant que tel, n’est pas infaillible. Un témoignage isolé, provenant de tel ou tel Père, quelle que soit par ailleurs son autorité générale, ne saurait être décisif. L’approbation globale de l’Eglise, qui couvre ses écrits, n’en garantit pas toutes les affirmations. Il peut se trouver, dans l’une ou l’autre de ses œuvres, telle assertion qui va contre l’opinion générale : elle doit alors être considérée comme non avenue. On invoquerait vainement, par exemple, dans la question de la validité du baptême des hérétiques, le témoignage de saint Cyprien. Saint Augustin, sur certains points fort délicats en matière de grâce ou de libre arbitre, a pu excéder. L’exagération des jansénistes, dans leur culte pour Augustin, a donc été justement réprouvée par le pape Alexandre VIII.

Mais une assertion, même isolée, d’un Père, si elle ne va pas contre l’enseignement authentique ou contre le sentiment commun de l’Eglise, peut et doit être prise en considération. Ce n’est pas impunément que l’on rejette l’assertion d’un Père dont l’autorité est omni exceptione major. Il faut ajouter d’ailleurs qu’un docteur de cette taille est rarement un isolé ; son autorité lui a d’ordinaire rallié, de très bonne heure, des partisans.

Il va de soi que, si tel écrit d’un Père a reçu du magistère extraordinaire une approbation toute spéciale, cette pièce jouit de l’autorité qui s’attache aux actes de ce magistère. C’est le cas, par exemple, de la lettre de saint Cyrille à Nestorius, et que l’on peut considérer comme la définition de foi du concile.

2° Autorité d’un groupe de Pères, s’accordant sur une question de doctrine. – Il n’est pas rare que l’on voie, lors de la discussion de certains problèmes dogmatiques, se former, soit par accord tacite, soit même par entente expresse, des groupes de Pères qui prennent parti en sens opposé. Nous avons signalé plus haut la séparation qui s’est faite, lors des luttes christologiques, entre « Orientaux » et « Alexandrins ». Visiblement, le concile de Chalcédoine a été amené à reconnaître ce qu’il y avait d’exact dans la théologie des uns et celle des autres. Cette question n’a donc été liquidée que par la considération de la valeur que représentait l’un ou l’autre groupe. Il eût été contraire aux lois essentielles de l’Eglise de faire crédit uniquement à un parti sans s’inquiéter de ce que disait l’autre. On trouverait aisément d’autres exemples de questions ainsi résolues par une cote mal taillée.

3° Autorité qui s’attacha au consentement unanime des Pères. – Si les Pères sont unanimes à enseigner un point de doctrine, leur enseignement doit être considéré comme la doctrine même de l’Eglise. Un témoignage de cette nature doit être regardé comme infaillible, puisque c’est en définitive l’Eglise elle-même qui s’exprime par la voix de ses représentants les plus autorisés. D’ailleurs, les définitions expresses du magistère extraordinaire s’appuient d’ordinaire sur ce consensus unanimis Patrum, comme il est facile de le voir en étudiant les différentes questions conciliaires ou les textes dogmatiques émanés directement du Siège apostolique. Parmi les questions qui n’ont point encore été absolument définies par le magistère ecclésiastique, on peut signaler le dogme de la rédemption. Il y a toute opportunité à consulter sur lui les témoignages des Pères. Leur consensus unanime peut aider à déterminer ce qui s’impose à la créance ; tandis que la considération de leurs opinions diverses montre quel champ est encore laissé à la libre recherche.

Cette unanimité exclut évidemment une opposition provenant d’un groupe d’une certaine importance, mais elle n’exclut pas un nombre relativement faible de voix divergentes. Quand il s’est agi de la validité du baptême des hérétiques, on a pu en appeler au consensus unanimis Patrum, quoi qu’il en fût des résistances de saint Cyprien et de ceux que son autorité a entraînés à sa suite. L’étude attentive des circonstances où se sont produites telles ou telles oppositions enlève d’ordinaire à celles-ci l’importance que l’on pourrait être tenté de leur donner. En définitive, l’unanimité qui est requise n’est pas une question de mathématique, mais une question d’appréciation. C’est une unanimité morale.

III. Pour aller plus loin

Sur ce site, on trouve :

- un certain nombre de livres écrits par les Pères de l'Eglise.

- Les catéchèses de Benoît XVI sur les Pères apostoliques

Sur d'autres site, on pourra consulter :

- L'article de Wikipedia consacré aux Pères de l'Eglise

- Une chronologie des Pères de l'Eglise

 

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