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L'Amazonie, terre d’aventures et de mission

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Le synode pour l'Amazonie et la publication de l'exhortation apostolique "Chère Amazonie" sont une bonne occasion pour découvrir cette région

Le synode sur l’Amazonie s’est déroulé du 6 au 27 octobre 2019. Un sujet qui a pu laisser plus d’un européen circonspect : était-il vraiment nécessaire de faire un synode sur l’Amazonie ? Quels sont les problèmes qui se posent à cette région ? Une initiative que quelques-uns ont trouvé hasardeuse, puisque l’une des propositions des pères synodaux – l’ordination d’hommes mariés – semblait aller à l’encontre d’une tradition établie dans l’Église catholique.

Alors, sans avoir la prétention d’écrire une longue étude, nous regroupons ici quelques éléments, et nous mettons à la disposition de tous les textes et les livres qui pourront permettre à chacun de se faire une idée.  

Le point de départ : le document d’Aparecida

De fait, la question de l’Amazonie n’est pas nouvelle. En mai 2007, le Pape Benoît XVI avait déjà présidé la Vème Conférence générale du Conseil épiscopal latino-américain (Célam). Le document final d’Aparecida (disponible au pied de cet article) avait été rédigé par le Cardinal Bergolio, futur Pape François. Voici l’introduction de ce document final, signé par Benoît XVI :

AUX FRERES DANS L’ÉPISCOPAT D’AMERIQUE LATINE ET DES CARAÏBES

Le 13 mai dernier, aux pieds de la très Sainte Vierge Notre Dame d’Aparecida, au Brésil, j’ai inauguré avec une grande joie la Ve Conférence Générale de l’Épiscopat Latino-américain et des Caraïbes.

Je garde vivant le souvenir agréable de cette rencontre au cours de laquelle j’ai été uni à vous dans la même affection pour vos chers peuples et dans la même sollicitude à vouloir les aider à être des disciples et des missionnaires de Jésus-Christ, pour qu’en Lui, ils aient la vie.

En même temps que j’exprime ma reconnaissance pour l’amour porté au Christ et à l’Église, et pour l’esprit de communion qui a caractérisé cette Conférence Générale, j’autorise la publication du Document Final, demandant au Seigneur qu’en communion avec le Saint Siège et avec le respect dû à la responsabilité de chaque Évêque, dans sa propre Église particulière, il soit lumière et encouragement pour un travail pastoral et évangélisateur fécond pour les prochaines années.

Dans ce Document, il y a de nombreuses et opportunes indications pastorales, motivées par de riches réflexions à la lumière de la foi et du contexte social actuel. Entre autres, j’ai lu avec un intérêt particulier les paroles qui exhortent à donner la priorité à l’Eucharistie et à la sanctification du Jour du Seigneur dans les programmes pastoraux (cf. nn. 251-252), ainsi que celles qui expriment le souhait de renforcer la formation chrétienne des fidèles en général et des agents de pastorale en particulier.

En ce sens, cela a été pour moi un motif de joie de connaître le désir de réaliser une “Mission Continentale ”que les Conférences Épiscopales et chaque diocèse sont 4 appelés à étudier et organiser, en convoquant pour cela toutes les forces vives, de manière qu’en cheminant à partir du Christ, on cherche son visage. (cf. Novo millenio ineunte, 29).

En même temps que j’invoque la protection de la très Sainte Vierge dans son vocable d’Aparecida, patronne du Brésil, et également sous son vocable de Notre Dame de Guadalupe, Patronne d’Amérique et Étoile de l’Évangélisation, je vous accorde avec affection la Bénédiction Apostolique.

Chère Amazonie.

Douze ans plus tard, le Pape François demandait au synode des Évêques de se réunir à nouveau pour étudier la question pastorale de l’Amazonie. Le document final du synode avait surtout retenu l’attention du grand public, parce qu’il suggérait, pour résoudre les graves problèmes de présence sacerdotale, d’autoriser l’ordination d’hommes mariés. On se souvient que le cardinal Sarah avait publié, avec la participation du Pape émérite, un livre pour défendre le célibat sacerdotal, dans un climat un peu tendu.

La publication de l’exhortation apostolique « Chère Amazonie » était essentiellement attendue sur ce point, au risque de cacher les enjeu pastoraux que la situation locale exige.

Le fait est que le Pape François ne revient pas sur le célibat sacerdotal, et que l’exhortation apostolique est, en quelque sorte, tout au moins pour les premiers chapitres, une mise en œuvre de l’encyclique Laudato si’

Le Pape exprime ses rêves pour l’Amazonie : un rêve social, un rêve culturel, un rêve écologique, un rêve ecclésial.

Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve cette richesse culturelle qui la distingue, où la beauté humaine brille de diverses manières.

Je rêve d’une Amazonie qui préserve jalousement l’irrésistible beauté naturelle qui la décore, la vie débordante qui remplit ses fleuves et ses forêts.

Je rêve de communautés chrétiennes capables de se donner et de s’incarner en Amazonie, au point de donner à l’Église de nouveaux visages aux traits amazoniens.

Yauyos. Aventures apostoliques dans les Andes.

Nous ne sommes pas très loin de l’Amazonie lorsque nous partons pour la prélature de Yauyos, au Pérou. Une partie du Pérou est en Amazonie, et le fait est que ce territoire, large de 15 000 km², présente exactement les défis missionnaires étudiés par le synode des évêques.

En 1957, le Saint-Siège confie à l’Opus Dei une « prélature nullius », dans le but d’y créer plus tard un diocèse, lorsqu’une activité apostolique stable existera. Un prêtre de l’Opus Dei est ordonné évêque, se rend sur place, et quelques prêtres diocésains, avec un véritable élan missionnaire, partent avec lui pour apporter à la population une assistance pastorale qu’ils n’ont plus depuis des années.

Le livre, écrit par l’un des prêtres espagnol, le P. Samuel Valero (décédé en 2012) sera un grand succès à sa sortie en 1995. Pour ces prêtres, c’est la découverte d’une vie pastorale exceptionnelle, dans tous les sens du terme : A cheval, ils visitent les villages qui, pour la plupart, n’ont pas eu de présence sacerdotale depuis des années. Le tout dans des conditions peu fréquentes et parfois hostiles : altitude, neige, froid, chaleur, mal des montagnes, bêtes récalcitrantes…

Le récit est rempli d’anecdotes humoristiques et de belles histoires humaines et surnaturelles. Un livre source d’espérance, puisqu’en 2017, soit 60 ans plus tard, la Prélature de Yauyos comptait 22 paroisses, 266 missions, 54 prêtres diocésains, 65 religieux et 65 religieuses, et 18 séminaristes autochtones.

TROP DE HAMEAUX avaient demandé un prêtre pour les fêtes de Noël. Le P. Frutos, curé de Yauyos, n’y arrivait plus. Voulant connaître la zone nord de la province, don Ignacio et le P. Enrique décidèrent d’y passer ces jours, en un voyage qui s’avéra mémorable.

De très bon matin et avec l’esprit de Noël dans lequel on peut se trouver à de pareilles heures et dans un tel froid, ils se mettent en route sur le Maure et l’Andouille. Sur les hauteurs de la Huatchua, à plus de 5 000 mètres d’altitude, le soleil parvient à réchauffer leurs os engourdis par des heures de froid intense.

A la descente ils passent par Carania et y saluent les gens, leur promettant qu’au retour ils y fêteront la fête de l’Enfant. Au bout de quatorze heures de route, ils arrivent à Alis, dans le courant de l’après-midi du 24 décembre.

Ils s’y réparent un peu et poursuivent leur route vers Yauricocha, une étendue minière de la Compagnie Cerro de Pasco à 4 800 mètres d’altitude, à la population grandissante. Il fait nuit lorsqu’ils arrivent et tout est recouvert de neige. Ils laissent leurs chevaux à l’écurie de la mine en demandant pour eux un menu « de fête ». Le P. Enrique rassemble les gens dans l’église pour prier, chanter et confesser ceux qui le souhaitent. Don Ignacio se repose quelques heures et célèbre la Messe de minuit. A la fin de la messe il parle un moment avec tout le monde. Il n’est pas encore deux heures du matin lorsqu’ils sellent leurs montures et repartent, tout ensommeillés, vers Laraos.

Avant de partir, le Maure fait son petit numéro de cirque. Dès que don Ignacio l’a monté, il plie ses quatre pattes et s’allonge. Il refait le même numéro deux fois. Les gens sont ravis de ce spectacle. Monseigneur comprend bien que la pauvre bête a des raisons de protester ainsi, mais il faut reprendre la route et il se met à le réconforter, puis le prend par les rênes et, de sa main, lui donne de petites tapes sur le museau. Le prélat remonte en selle et le cheval se met en marche, il avait simplement besoin d’être secoué un peu.

Les voyageurs franchissent la montagne qui les sépare du versant de Laraos et entament la descente. Il fait nuit noire et, pour faciliter la marche des chevaux, ils prennent des lampes de poche, dont les piles s’usent tout de suite. Confiants dans la bonne vue des chevaux, ils s’égarent. Après avoir marché un bon moment sur un chemin qui, au lieu de descendre, continue à plat, ils comprennent qu’ils s’agit d’un ruisseau asséché et si étroit qu’il n’est pas possible de faire demi-tour. Les Padrecitos se disent que le chemin doit être plus bas. Ils se recommandent à leurs Anges gardiens et tirent les chevaux sur le bord du ruisseau, en direction de la côte. Sans mettre pied à terre, ils retrouvent alors le chemin perdu et le suivent jusqu’à Laraos pour arriver à l’aube. Messe de Noël au petit matin, sans presse pour une fois. Après un copieux petit déjeuner — ils auraient pu manger des pierres — ils reprennent la route à cheval vers Alis, disent leur messe de midi, déjeunent, et font manger leurs chevaux. Une sieste délicieuse, puis la route est reprise ; dans le courant de l’après-midi, ils sont à Tomas, à deux heures de distance. Les voyageurs y disent leur dernière messe du 25 décembre, puis reviennent à Alis, où ils peuvent se reposer de la bonne fatigue qu’ils ont accumulée. Le 26, de bon matin, ils repartent vers Carania, qui se trouve sur leur chemin de retour à Yauyos pour y célébrer la Nativité et y prendre une journée de repos.

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