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Franz Michel Willam, l’ami de Joseph Ratzinger

Franz Michel Willam, l’ami de Joseph Ratzinger

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Franz Michel Willam, auteur du livre La vie de Jésus dans le pays et le peuple d'Israël, était un ami de Joseph Ratzinger, avec qui il partageait certaines notions théologiques à la base de leurs œuvres respectives.

Lorsque le pape Benoît XVI publie, en 2007, sous le nom de Joseph Ratzinger, le premier tome de son étude « Jésus de Nazareth », il commence son avant-propos par ces mots :

Le livre sur Jésus, dont je soumets ici la première partie au public, est le fruit d'un long cheminement intérieur. L'époque de ma jeunesse, les années 30 et 40, a connu toute une série d'ouvrages enthousiasmants sur Jésus : ceux de Karl Adam, Romano Guardini, Franz Michel Willam, Giovanni Papini, Daniel-Rops - pour ne citer que quelques noms. Dans tous ces ouvrages, c'était à partir des Evangiles qu'était brossé le portrait de Jésus Christ vivant sur la terre en tant qu'homme et qui, tout en étant pleinement homme, apportait Dieu aux hommes, Dieu avec lequel, en tant que Fils, il ne faisait qu'un. Ainsi, grâce à l'homme Jésus, Dieu devenait visible, de même que l'image de l'homme juste devenait visible à partir de Dieu.

Karl Adam, Romano Guardini, Giovanni Papini, Daniel-Rops sont des noms sommes toutes assez connus encore de nos jours. Mais qui est donc Franz Michel Willam ? Surprise pour beaucoup de voir citer cet exégète qui n’était plus trop connu, et qui pourtant fait figure de référence pour Joseph Ratzinger, au moment où il introduit son ouvrage sur la vie du Christ.

Franz Michel Willam ami de Joseph Ratzinger

Quelques-uns (dont je fais partie) connaissaient Willam pour son livre sur la Vierge Marie. Mais je n’avais jamais lu son livre sur la vie de Jésus, et je ne m’imaginais pas que Willam et Ratzinger se connaissaient.

Même sur le Net, peu de gens aujourd’hui parlent de Franz Michel Willam. On trouve quelques articles en allemand, mais très peu en français. C’est en cherchant des informations sur cet auteur que j’ai découvert le blog de Sandro Magister, un journaliste italien spécialiste du Vatican. Il a publié, en 2006 ou 2007, un article traduit en français intitulé « Franz Michel Willam, le théologien que le pape a tiré de l'oubli »

Dans lequel on découvre que Willam et Ratzinger ont échangé plusieurs lettres à l’occasion d’un livre de Willam sur Jean XXIII, paru en 1967, et d’un article de Ratzinger sur la rénovation dans l’Église, publié plus ou moins à la même époque.

Je cite l’article et sa traduction française :

Ils furent en contact étroit, notamment en 1967 et 1968. L’un des motifs de ces contacts était le livre de Willam “Vom jungen Roncalli zum Papst Johannes XXIII. [Du jeune Roncalli au pape Jean XXIII]”, publié en 1967, et l’article de Ratzinger “Was heißt Erneuerung der Kirche? [Que signifie la rénovation dans l’Eglise?]” paru un an plus tôt dans la revue “Diakonia”.

On trouvait dans ce dernier texte la phrase: “La vraie réforme est celle qui s’occupe de ce qui est authentiquement chrétien, qui se laisse interpeller et former par cela”. La vraie réforme, la vraie rénovation demande de la simplicité. “La Rénovation est simplification”: voilà comment Ratzinger résumait efficacement sa thèse.

Willam, qui avait découvert et mis en évidence la simplicité comme idée dominante chez le pape Jean XXIII, évoquait de la manière suivante – dans une lettre à l’évêque Paulus Rusch – ce qui constituait pour lui le passage central de l’article de Ratzinger:

“Voici comment se présente la théorie de la simplicité selon Joseph Ratzinger: il y a la simplicité de la commodité, qui est la simplicité de l’imprécision, un manque de richesse, de vie et de plénitude. Et puis il y a la simplicité de l’origine, qui est la vraie richesse. La rénovation est simplicité, non pas dans le sens d’une sélection ou d’une réduction, mais bien plutôt une simplification dans le sens de devenir simple, de se diriger vers cette vraie simplicité qui est le mystère de ce qui existe”.

Le 22 mai 1967, Willam écrit à Ratzinger:

“J’ai effectué une recherche sur les concordances dans les cinq volumes de discours et de documents du pontificat. Les mots ‘simple’ et ‘simplicité’ sont les mots-clés les plus fréquents. Jean XXIII leur donne certainement le même sens que vous: étudier la chose de manière précise et se demander: comment dois-je m’exprimer pour que tout le monde comprenne le résultat?”.

“J’ai reçu récemment votre livre sur le pape Jean XXIII. Je l’ai déjà parcouru et je le trouve vraiment émouvant”, répond le professeur Ratzinger après avoir reçu le volume.

Ratzinger, qui venait d’être nommé doyen de la Faculté de théologie de Tubingen, écrivit un compte-rendu long et particulièrement bienveillant du livre de Willam dans “Theologische Quartalschrift”, 6, 1968:

“On peut dire que ce livre est, de loin, la publication la plus importante, à ce jour, pour éclairer la personnalité de Jean XXIII. Il est également d’une importance fondamentale pour comprendre le Concile Vatican II. L’ouvrage est très au-dessus de la multitude de textes qui ont été écrits à ce sujet, parce que les informations sont très complètes et les rapprochements évidents. [...] L’auteur mérite donc d’être remercié sans réserves pour son patient travail, et aussi – ce n’est pas son moindre mérite – parce qu’il a su dire beaucoup en peu de pages”.

Willam a été vraiment heureux de ce compte-rendu, qu’il a cité dans presque toutes les lettres qu’il a écrites dans les semaines qui ont suivi sa publication. Il devait écrire à un ami: “On a l’impression que, dans son argumentaire, Ratzinger pense à différents dialogues qui ont eu lieu pendant le Concile Vatican II, y compris avec des non catholiques comme Oscar Cullmann”.

Willam admirait beaucoup le professeur Ratzinger et lui demanda conseil en de nombreuses occasions, se laissant corriger et conseiller par lui avec simplicité, malgré leur importante différence d’âge. Dans la lettre, déjà citée, du 22 mai 1967, il demandait notamment au professeur son aide pour une publication concernant John Henry Newman, et il concluait avec un compliment ému:

“Ne connaissant aucun théologien aussi proche que vous de Jean XXIII par la manière de penser – le mot-clé ‘simplicité’ que vous avez en commun en est un témoignage objectif – c’est à vous que j’adresse cette demande”.

En fait, je ne suis pas complètement surpris de lire cela. Car intellectuellement, et je même dirais spirituellement, les deux auteurs se rejoignent. Beaucoup d’entre nous avons été frappés de découvrir la capacité du Pape Benoît XVI à rendre simple ce qui est compliqué, à expliquer la foi, à aider à comprendre ce qui est incompréhensible ; et lorsque l’on lit « La vie de Jésus dans le pays et le peuple d’Israël », on est également ému (le terme est sincère) par la profondeur scientifique et la simplicité des explications.

Puisse cette ré-édition de « La vie de Jésus dans le pays et le peuple d’Israël » contribuer à redonner, en langue française tout au moins, la notoriété qui devrait être celle de Franz Michel Willam.

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