Les femmes dans l'Ancien Testament
Les femmes sont très présentes dans l'Ancien Testament. Certaines pour le bien, d'autres pour le mal (comme les hommes). Analyse de quelques femmes remarquables.
Ou plus largement : la place de la femme dans la Bible.
Pas simple, pour ne pas faire une interprétation à la lumière de l’ambiance actuelle : féminisme, etc.
Il y a des particularité sociologiques évidentes. La femme biblique n’est pas la femme européenne du 21ème siècle.
Mais ce n’est pas pour cela que l’on ne peut rien conclure à partir de la place de la femme dans la Bible.
Quelques idées générales :
- Elles sont largement présentes. Faire la liste de toutes les femmes qui interviennent dans la Bible serait très long.
- Il y a de tout : de saintes femmes, de méchantes femmes, des pécheresses repenties, des veuves, etc.
Saintes : Ève, Sara (femme d’Abraham), Rebecca (femme d’Isaac), Rachel (femme de Jacob, fils d’Isaac), Ruth (moabite, arrière grand-mère du roi David), Suzanne, Sarra la femme de Tobie (7 maris précédents étaient morts la nuit de noce), la mère des sept martyrs d’Israël...
Moins saintes… Jézabel, Bethsabée (qui intrigue comme il faut pour que son fils Salomon accède au trône)
Pénibles : La femme de Job, la femme de Tobie Père (qui sont toutes les deux assez pénibles)
Courtisanes : Rahab la courtisane de Jéricho, Agar la servante d’Abraham, Tamar, dans la généalogie de Jésus : veuve des deux fils de Juda, elle se prostitue pour que son beau-père lui donne une descendance, Dalila qui séduit Samson…
Veuves : La veuve de Sarepta.
- Chose surprenante : souvent les « femmes élues » sont stériles : Sara femme d’Abraham, Rachel femme de Jacob (en concurrence avec sa sœur et leurs servantes respectives), la mère de Samson, Anne mère de Samuel, Elizabeth mère de Jean-Baptiste.
- Il y a-t-il des femmes prophètes ? Certains disent que Débora l’est. Elizabeth et Marie sont considérées comme prophètes du Nouveau Testament (Elizabeth parce qu’elle a annoncé la venue du Sauveur, Marie parce qu’elle a annoncé que tous les âges la diront bienheureuse).
- Dans deux livres dans lesquels la femme est l’héroïne, on ne parle pas de Dieu : Ruth et Esther. On raconte le comportement héroïque de ces deux femmes, mais on ne parle pas de Dieu.
- La femme dans l’AT est louée pour sa fidélité, en particulier sa fidélité à la loi.
- Dieu accompagne les femmes dans la détresse : Agar la servante d’Abraham (que Sara a renvoyé, et qui est seule dans le désert), la veuve de Sarepta, Ruth la moabite, les veuves en général…
- Dans la généalogie du Christ, on trouve des femmes qui ne sont pas juives, et qui ne sont pas saintes. Ruth la moabite, Tamar la belle-fille de Juda. La seule sainte femme, c’est Marie.
Quelques femmes remarquables
Le livre de Ruth
« Un habitant de Bethléem , Élimélek, part avec sa femme Noémi et ses deux fils s’installer au pays des Moabites à cause de la famine qui sévit en Israël. Là-bas, ses deux fils épousent des filles du pays (et cela contrairement à la loi de Moïse, qui interdisait d’épouser des femmes qui ne soient pas juives). Ses deux fils meurent tous deux sans laisser d’enfants. Devenue veuve et âgée, Noémi décide de rentrer en Israël. Ruth, l’une de ses belles filles, décide de la suivre. Les deux femmes rentrent donc dans le pays de Canaan où elles vivent pauvrement sur les terres d’un lointain parent, Booz. Ce dernier prend tout d’abord Ruth sous sa protection, lui permettant de glaner dans ses champs. Admiratif de ce qu’elle fait pour sa belle-mère et se rendant compte que Ruth est sa parente, Booz décide de l’épouser. Ils auront ensemble un enfant, Obed, qui sera le père de Jessé (lui-même étant le père du roi David) »
Cf http://www.chretiensaujourdhui.com/livres-et-textes-et-personnages/livre-de-ruth/
Le livre vient subrepticement s’intercaler entre le livre des Juges et le Livre de Samuel. Tient la route chronologiquement. Mais donne l’impression d’être une sorte de digression dans l’histoire principale.
Débora
Dans le livre des Juges : « Débora dans la Bible apparaît en effet également douée de dons de prophétie. Un jour, elle fait appeler Baraq, général des Israélites, et lui révèle : « Va, fais venir au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes parmi les fils de Nephtali et les fils de Zabulon. Je ferai venir vers toi, au torrent de Qishone, Sissera, le chef de l’armée de Yabine, avec ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains »
Cf Alétéia : https://fr.aleteia.org/2018/12/11/debora-lunique-femme-juge-evoquee-dans-la-bible/
L'histoire de Debora est racontée à deux reprises en deux chapitres différents : les chapitres 4 et 5 du livre des Juges3. Le premier est en prose, le second est de forme poétique et est largement admis comme l'un des plus anciens exemples de poésie hébraïque. C'est l'un des premiers portraits d'une femme dans un rôle héroïque.
On connaît assez peu d'éléments de la vie privée de Deborah. Elle est mariée à un certain Lapidoth1 (« torches ») et elle rend la justice sous un palmier dans la Tribu d'Éphraïm entre Ramla et Béthel4.
À l'époque du récit, les Hébreux se sont détournés de Dieu et se sont retrouvés sous la domination du roi cananéen Yabin pendant vingt ans. Ils se tournent alors vers Dieu, qui entend leur supplication et leur envoie Débora5.
Elle convoque Barac et lui ordonne de lever une armée parmi la tribu de Nephthali et la tribu de Zabulon pour vaincre l'armée cananéenne de Siséra, au service du roi Yabin6. Elle prophétise que la gloire de tuer Siséra en personne ne reviendra pas à Barac mais à une femme7.
Barac écrase les troupes de Siséra et celui-ci s'enfuit à pied8 dans la maison de Yaël, qui lui propose de s'y cacher9. Pendant le sommeil de Siséra, Yaël le tue en lui transperçant la tête avec un piquet10. Puis, à l'arrivée de Barac, elle lui montre le corps de Siséra11.
Cette victoire amène la défaite finale du roi cananéen Yabin qui sera également tué12. Débora entonne un chant de victoire qui résonne comme un avertissement aux princes et rois étrangers qui pourraient constituer une menace pour les Hébreux5,13. La paix est rétablie pendant quarante années sur la Terre d'Israël14.
01 Après la mort d’Éhoud, les fils d’Israël recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur.
02 Le Seigneur les vendit à Yabine, roi de Canaan, qui régnait à Haçor. Le chef de son armée était Sissera ; celui-ci habitait Harosheth-ha-Goïm.
03 Les fils d’Israël crièrent vers le Seigneur, car Yabine avait neuf cents chars de fer et il avait opprimé durement les fils d’Israël pendant vingt ans.
04 Or, Débora, une prophétesse, femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là.
05 Elle siégeait sous le Palmier de Débora, entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Éphraïm, et les fils d’Israël venaient vers elle pour faire arbitrer leurs litiges.
06 Elle fit appeler Baraq, fils d’Abinoam, de Qèdesh en Nephtali, et elle lui dit : « Le Seigneur, Dieu d’Israël, n’a-t-il pas donné cet ordre ? “Va, fais venir au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes parmi les fils de Nephtali et les fils de Zabulon.
07 Je ferai venir vers toi, au torrent de Qishone, Sissera, le chef de l’armée de Yabine, avec ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains.” »
08 Baraq lui dit : « Si tu marches avec moi, j’irai ; mais si tu ne marches pas avec moi, je n’irai pas. »
09 Elle dit : « Je marcherai donc avec toi. Mais, sur la voie où tu marches, l’honneur ne sera pas pour toi : car c’est à une femme que le Seigneur abandonnera Sissera. » Débora se leva et se rendit avec Baraq à Qèdesh.
10 Baraq convoqua Zabulon et Nephtali à Qèdesh. Dix mille hommes le suivirent, et Débora partit avec lui.
11 Hèber le Qénite s’était séparé de Qaïn et des fils de Hobab, parent de Moïse. Il avait dressé sa tente non loin du chêne de Saanaïm, près de Qèdesh.
12 On annonça à Sissera que Baraq, fils d’Abinoam, était arrivé au mont Tabor.
13 Alors, Sissera convoqua tous ses chars, neuf cents chars de fer, ainsi que tout le peuple qui était avec lui, depuis Harosheth-ha-Goïm jusqu’au torrent de Qishone.
14 Débora dit à Baraq : « Lève-toi ! Car c’est aujourd’hui que le Seigneur livre Sissera entre tes mains ! Le Seigneur n’est-il pas sorti devant toi ? » Baraq descendit du mont Tabor avec dix mille hommes derrière lui.
15 Alors, le Seigneur frappa de panique Sissera, tous les chars et toute l’armée, qui fut passée au fil de l’épée devant Baraq. Sissera descendit de son char et s’enfuit à pied.
16 Baraq poursuivit les chars et l’armée jusqu’à Harosheth-ha-Goïm, et toute l’armée de Sissera tomba au fil de l’épée ; il n’en resta pas un seul.
17 Or Sissera s’était enfui à pied vers la tente de Yaël, femme de Hèber le Qénite, car la paix régnait entre Yabine, roi de Haçor, et la maison de Hèber le Qénite.
18 Yaël sortit au-devant de Sissera et lui dit : « Arrête-toi, mon seigneur, arrête-toi chez moi ; ne crains rien. » Il s’arrêta chez elle, dans sa tente, et elle le recouvrit d’une couverture.
19 Il lui dit : « Peux-tu me donner à boire un peu d’eau, car j’ai soif. » Elle ouvrit l’outre de lait, le fit boire et le recouvrit.
20 Il lui dit : « Tiens-toi à l’entrée de la tente, et si quelqu’un vient, t’interroge et demande : “Y a-t-il quelqu’un ici ?”, tu répondras : “Non.” »
21 Mais Yaël, femme de Hèber, prit un piquet de la tente, saisit un marteau dans sa main, vint près de lui doucement, et lui enfonça dans la tempe le piquet, qui alla se planter dans la terre. Sissera qui, épuisé, était profondément endormi, mourut.
22 Or, voici que Baraq poursuivait Sissera ! Yaël sortit à sa rencontre et lui dit : « Viens, et je te ferai voir l’homme que tu cherches. » Il entra chez elle, et voilà que Sissera gisait, mort, le piquet dans la tempe !
23 En ce jour-là, Dieu abaissa Yabine, roi de Canaan, devant les fils d’Israël.
24 La main des fils d’Israël se fit de plus en plus lourde contre Yabine, roi de Canaan, jusqu’à ce qu’ils aient abattu Yabine, roi de Canaan.
Judith
« Le livre de Judith raconte les aventures de Judith, une femme courageuse.
Le roi de « Ninive » envoie son général Holopherne pour mener la guerre contre Israël. Présenté comme un tyran sanguinaire à la force invincible, le général assiège la petite ville de Béthulie. Les habitants sont désespérés.
C’est à ce moment que Judith décide de se rendre de nuit au camp des ennemis pour séduire Holopherne. Quand ce dernier est complètement ivre, Judith en profite pour l’assassiner et revient à Béthulie en rapportant la tête du général. En voyant leur chef mort de manière honteuse, les ennemis renoncent à leur attaque et rentrent chez eux. »
Le livre exalte la résistance juive. Œuvre « fictive », parce que les dates ne correspondent pas. Livre deutérocanonique, de la Bible des Septantes, qui n’est pas reconnu par la Thora et les protestants.
Esther
« L’action se situe après la victoire des Perses sur les Babyloniens. Ce succès a permis le retour d’exil, mais tous les Juifs déportés à Babylone ne sont pas rentrés à Jérusalem. De nombreux juifs sont restés en Mésopotamie. L’héroïne du récit appartient à ces Juifs de la diaspora (la « dispersion ») établis à Suse. Remarquée par l’empereur des Perses, elle devient son épouse.
Devenue reine des Perses, Esther va œuvrer afin de protéger son peuple dont le statut demeure fragile. En effet, le ministre Aman désire éliminer la communauté juive qui, selon lui, ne le respecte pas assez. À la demande d’Aman, le roi donne l’autorisation de préparer le massacre des Juifs. Mais Esther, forte de son pouvoir de séduction auprès du roi, parvient à retarder l’échéance. Lors d’un banquet qu’elle organise, elle fait chuter Aman dans un piège. Une fois Aman exécuté, le roi autorise que les juifs puissent se défendre si on les attaque. Ces derniers vont ainsi assassiner tout le clan d’Aman sans que le roi ne les sanctionne. Ce triomphe sera ensuite commémoré dans la fête des Pourim. »
Mardoché : cousin et père adoptif d’Esther.
Là aussi, dans ce livre, on ne parle pas de Dieu.
Conclusion
En fait, je ne sais pas trop quoi conclure…
Suivez-nous