Comment donner le goût de la « bonne lecture » à nos enfants ?
Conférence de Mme Valerie d’Aubigny, invitée par les AFC de Grenoble, au Centre Théologique de Meylan, jeudi 15 octobre 2026.
Ces notes sont miennes, et peuvent bien involontairement ne pas refléter exactement la pensée de la conférencière, et je m’en excuse par avance. L’ensemble était passionnant, le public assez nombreux (une cinquantaine de personnes, sauf erreur) ce qui à mon avis est plutôt bien !
Intro
État des lieux : Début octobre, une enquête du magasine l’Express sur le thème « La fin de la lecture » et ses conséquences.
Les études du Centre National du Livre, le baromètre des français et la lecture.
Seuls 67 % des français de -15 ans atteignent le niveau de compréhension d’un texte. Seuls 5 % atteignent le niveau de compréhension d’un texte long. C’est à dire, comprendre, discuter, analyser un texte long.
D’où la question : comment faire lire ? Comment donne renvie de lire ?
Valérie d’Aubign anime une fois par mois l’émission « Le libre journal de la transmission », sur Radio Courtoisie.
Depuis de nombreuses années, on voyait, bien en amont, des supports culturels qui n’allaient pas dans le bon sens. De même, la baisse du niveau de la lecture n’est pas une surprise : on le voit venir depuis longtemps.
Quels sont les obstacles entre le livre et nos enfants ?
La conférencière annonce la couleur : elle se veut résolument optimiste, sans pour autant cacher la réalité.
1er obstacle : savoir lire
Le déchiffrage n’est pas la lecture. Savoir lire signifie comprendre, intégrer la ponctuation, transmettre le texte, etc.
Une école a conçu un « rite d’initiation » lorsque l’enfant est devenu lecteur : il passe entre deux rangées d’élèves lecteurs pour intégrer le groupe.
Pour cela, s’assurer que les enfants ont de bonnes méthodes d’apprentissage de la lecture.
Il y a 6 ans, c’était encore pour beaucoup sujet tabou que de dire que les enfants ne savaient pas lire.
Il faut également savoir que même les enfants très lecteurs peuvent décrocher, autour de la 5e, lorsqu’ils ont leur premier portable. Anticiper la chose.
Avant tout, c’est une question d’exemple ! Rien qu’aujourd’hui, combien de temps vos enfants vous ont-ils vu avec un portable, ou avec un livre à la main ?
S’intéresser au lieux des livres, par exemple suite à un déménagement : quelle bibliothèque dans le quartier, quel libraire, etc.
2e obstacle : avoir des parents qui ne lisent plus
La lecture des enfants est une reconquête familiale. À vous d’inventer l’outil, en fonction de votre culture familiale.
Il y a certaines périodes propices à la lecture : par exemple l’Avent. Jours plus courts, ambiance cosy, etc.
Créer un coin lecture ! Créer le 1/4 d’heure de lecture familial, où chacun met son portable loin !
Parfois, pour casser les habitudes, il faut un changement de cadre.
3e obstacle : si vous êtes lecteur au collège, vous pouvez passer pour un « pauvre type »
Pauvre type, ou intello, etc. Cela peut même aller jusqu’au harcèlement !
Parmi la population immigrée, s’il y a un lecteur, il peut être considéré comme un collabo !
Dans les collèges, demandez-vous si l’enfant n’est pas harcelé pour cela.
4e obstacle : l’idéologie
Lorsque la création contemporaine n’est plus de qualité, elle est remplacée par l’idéologie.
Présence du wokisme et d’un certain esprit de société absurde dans laquelle ont vit. Tout ce qui arrive aujourd’hui dans notre société, nous l’avons vu dans la littérature jeunesse depuis de nombreuses années.
Exemple de ce livre bien écrit, racontant l’histoire d’un jeune « groom », qui se lie d’amitié avec une vieille comtesse, qui finit par lui léguer sa fortune. Or la comtesse, découvrant qu’elle est atteinte d’un mal incurable, choisit de se donner la mort. Justification de l’euthanasie.
Le combo gagnant, pour certains éditeurs jeunesse, c’est écologie/féminisme. L’écologie, dans laquelle on montre que l’homme est le plus gros parasite, et que la terre est la déesse.
Un féminisme de combat, qui n’exalte pas les qualité propres de la femme comme devrait être le vrai féminisme, mais qui promeut un remplacement de l’homme par la femme, un égalitarisme homme/femme qui ne tient pas compte des différences.
Or, certains jeunes lecteurs se lassent des « livres à messages ».
Beaucoup de jeunes ne sont pas intéressés par les messages, ils cherchent des histoires pour s’évader.
De fait, certains éditeurs se tournent vers des ré-éditions de livres anciens, ou des œuvres contemporaines avec aventure.
Avec la lecture, on part vers d’autres mondes, mas on part aussi vers d’autres psychologies. Et on apprend l’empathie, la capacité à se mettre à la place des autres.
Apprendre les nuances. On lit également pour développer l’esprit critique. Faire ire, pour faire des hommes et des femmes libres.
Tiré de Jean Ousset, fondateur d’Ichtus : « Notre rôle est de faire des vertébrés ». Des personnes capables d’analyser et de trouver les côtés positifs et les côtés négatifs d’une œuvre culturelle.
Faire argumenter l’enfant : « oui, mais pourquoi ? »
« Allumons une lumière, plutôt que maudire l’obscurité »
La désespérance est très présente dans la littérature jeunesse actuelle. Le sentiment d’être dans un monde, un groupe, dont on ne peut sortir.
Alors qu’un écrivain comme René Bazin offre toujours à ses protagonistes des possibilités de s’en sortir.
Le vrai talent vous emmène ! Où l’auteur vous a-t-il conduit ? (livre, film, série, etc). Il y a-t-il une voie d’espérance ?
Trucs et astuces
Lisez avec vos enfants !
Le petit moment de lecture du soir ! Mais on arrive à une nouvele génération de parents, qui a du mal à lire, et qui remplacent le moment de lecture par une vidéo !
Parlez de vos livres à vos enfants !
Parfois, on est trop pudique avec nos lectures.
Également, dire aux enfants que l’on a arrêté de lire tel livre parce qu’il devenait inconvenant.
Le moment du choix du livre fait partie de la lecture.
Age pour lire tel ou tel livre
Dommage que dans les collèges, on donne à lire des livres classiques, très bons, mais parfois trop tôt.
Donner des livres au bon moment. Ne pas donner à lire n’importe quoi à un enfant sous prétexte que c’est un bon roman.
Ne pas donner à lire sous prétexte qu’à son âge, on avait déjà lu tous les Jules Verne ! (ce qui n’est pas certain, d’ailleurs…)
Attention aux listes de livres scolaires.
Voir l’éventail des genres littéraires qui sont proposés : certains enfants ne supportent pas les romans. Mais il y a des récits de montagne, d’aventure, des nouvelles, qui peuvent plaire et qui sont très bons !
Le genre de la nouvelle. Histoires concises, prenantes, souvent écrites par des autres de grand talent !
Manga/Dark romance, etc.
Une fois que vous avez commencé à lire des mangas, vous avez du mal à passer à autre chose. Dans ce cas, aider les enfants à se rendre compte qu’ils sont dans une « petite prison » : « Penses-tu que tu serais capable de ire autre chose ? Ou de lire tel livre ? ». Puis les laisser faire le pas.
Relire les livres de son enfance, c’est sécurisant ! Et be pas se moquer de l’enfant que ‘on voit relire un livre de son enfance.
« Ordonnance »
Quelques points sous forme d’une ordonnance médicale à mettre en œuvre :
- Être acteur et non consommateur
- Aller en bibliothèque et emprunter des livres peu connus mais bon, pour qu’ils restent disponibles dans le stock de la bibliothèque
- Aller en librairie
- Aider ceux qui écrivent pour la littérature jeunesse, car c’est souvent une mission, un sacrifice
- Commenter les livres lus sur les réseaux
- Lire et écrire vont ensemble
- Écrivez aux auteurs et aux éditeurs
Pour aller plus loin
Livre de Valérie d’Aubigny

L'émission radio de Valérie d'Aubigny Le libre journal de la transmission : https://www.rc.fr/patrons-emissions/auteur130/
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