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Discours aux jeunes époux - Extraits (1)

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Discours aux jeunes époux - Extraits (1)
Voici quelques extraits des discours de Pie XII aux jeunes époux. On constate que de nombreux thèmes sont abordés, tous très concrets, et surtout tous très actuels.

La vie quotidienne peut devenir une vie de prière

Vous y trouverez le repos au soir des journées les plus dures, dans la fidélité à vos promesses et dans l’union parfaite de vos âmes : perseverantes unanimiter, « tous ensemble persévéraient » ; vous y vivrez sous le regard de Marie : cum... Maria matre Jesu, « avec... Marie, mère de Jésus », dont l’image vous réunira chaque soir pour la prière en famille : unanimiter in oratione, « tous ensemble dans la prière ». Mieux encore, toute votre vie personnelle et familiale peut devenir une prière incessante : perseverantes unanimiter in oratione, « tous ensemble persévéraient dans la prière » ; l’Apostolat de la prière vous en donne le moyen dans l’offrande matinale de la journée. La baguette magique des contes de fées change en or tout ce qu’elle touche ; ainsi cette offrande du chrétien en état de grâce qui dirige toutes ses actions vers Dieu, pour les grands besoins de l’Eglise et des âmes, peut convertir en actes surnaturels d’apostolat jusqu’aux actions les plus petites et les plus modestes. Le paysan à sa charrue, l’employé à son bureau, le commerçant à son comptoir, la ménagère dans sa cuisine, tous peuvent devenir les collaborateurs de Dieu qui attend d’eux et accomplit avec eux les humbles tâches de leur devoir d’état.

27 mars 1940.

Apprendre du Christ la douceur et l’humilité

La paix, du moins celle de l’âme, qui subsiste malgré les agitations du dehors, Jésus nous exhorte à la rechercher dans la dévotion à son Cœur : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes ».[1] Se tenir à l’école de Jésus, apprendre de son Cœur la douceur et l’humilité — ces divins remèdes à la cause de toutes les fautes et de tous les malheurs des hommes,[2] à la violence et à l’orgueil — voilà pour les individus et pour les nations elles-mêmes la source du bonheur que vous désirez et que Nous souhaitons à votre foyer domestique.

5 juin 1949. La dévotion au Sacré-Cœur (1)

Le pardon des offenses entre époux

pardon entre époux

Mais revenons à vous, chers jeunes époux. Ne vous faudra-t-il pas, dans la vie où vous venez de vous engager, pratiquer un jour l’oubli des offenses d’une manière que d’aucuns estimeront dépasser les forces humaines ? Ce cas heureusement rare entre époux vraiment chrétiens, n’est pas impossible, car le démon et le monde hantent le cœur humain, si prompt dans ses mouvements, et tourmentent sa chair bien faible.[3] Mais sans aller à de pareilles extrémités, combien de petites contrariétés dans la vie quotidienne, que de légers heurts qui peuvent, si l’on n’y porte remède aussitôt, établir entre les époux une aversion latente et douloureuse ! De même entre parents et enfants ; si l’autorité doit agir, si elle doit maintenir ses droits au respect, les appuyer d’avertissements, de réprimandes et, au besoin, de punitions, combien serait déplorable, de la part d’un père ou d’une mère, la moindre apparence de ressentiment ou de vengeance personnelle ! Il n’en faut pas davantage, quelquefois, pour ébranler et détruire dans le cœur des enfants la confiance et l’affection filiales.

10 juillet 1940. Le pardon des offenses.

L’amour des infirmes et des personnes âgées

Or, dans toute famille, il y a généralement deux catégories d’êtres faibles qui réclament plus de soins et d’affection : les enfants et les vieillards. (…)

personnes agées

Les vieillards ! On est parfois dur, peut-être inconsciemment, à l’égard de leurs petites exigences, de leurs innocentes manies, que le temps a gravées dans leur âme, comme les rides sillonnent leur visage et devraient le rendre plus vénérable aux yeux d’autrui. On a facilement tendance à leur reprocher ce qu’ils ne font plus, au lieu de leur rappeler, comme ils le méritent, ce qu’ils ont fait. On sourit peut-être des défaillances de leur mémoire et on ne reconnaît pas toujours la sagesse de leur jugement. Dans leurs yeux voilés de larmes, on recherche en vain la flamme de l’enthousiasme ; mais on ne sait pas remarquer la lumière de la résignation où s’allume le désir des splendeurs éternelles. Heureusement que ces vieillards, dont le pas mal affermi hésite dans l’escalier, ou dont la blanche main tremblante se déplace avec lenteur dans un coin de la chambre, heureusement que ces vieillards sont souvent le grand-père ou la grand-mère, le père ou la mère auxquels nous devons tout. Envers eux, quel que soit notre âge, nous sommes tenus d’observer le précepte du Décalogue : « Honore ton père et ta mère ».[4] Vous ne serez donc pas du nombre de ces fils ingrats qui négligent leurs vieux parents et qui, bien souvent, se trouvent plus tard eux aussi abandonnés dans leurs propres besoins.

17 juillet 1940. Les infirmes et les malades dans la famille. Les œuvres de miséricorde.

Le repos mérité. Importance des lectures. Prudence à leur égard.

Malgré les tristesses de l’heure présente, il y en a plus d’un parmi vous, Nous le souhaitons du fond du cœur, qui ne laissera pas de goûter quelque repos. Mais l’homme ne saurait se contenter d’étendre mollement ses membres fatigués et de s’abandonner à un sommeil réparateur ; le repos de l’homme comprend aussi de saines distractions et, pour l’ordinaire, des lectures. Et comme il n’existe plus de notre temps, pour ainsi dire, une seule famille où n’entrent point le livre, la brochure et le journal, et que les loisirs des vacances multiplient les occasions de lecture, Nous voudrions vous adresser quelques paroles à ce sujet.

31 juillet 1940. L’influence certaine de la lecture.

La force du sacrement pour sanctifier la famille dans les évènements de la vie quotidienne.

« Nous sommes enfants des saints ! » Chers fils et filles, il faut bien vous persuader que votre jeune famille pourra et devra être une famille sainte, c’est-à-dire inviolablement unie à Dieu par la grâce. Inviolablement : le sacrement lui-même, qui exige l’indissolubilité du lien conjugal, vous communique une force surnaturelle qui, si vous le voulez, tiendra en échec les tentations et les séductions ; ainsi les perfides insinuations du dégoût de la vie quotidienne et de la fatigue habituelle, du besoin de nouveauté et de changement, la soif des expériences dangereuses, les attraits du fruit défendu n’auront sur vous aucune prise, car vous saurez conserver cet état de grâce par la vigilance, la lutte, la pénitence et la prière. Unis à Dieu, vous serez saints et vos enfants le seront après vous, parce que, lavés dès le baptême dans le sang rédempteur du Christ, vous avez consacré ou sans doute vous allez consacrer votre foyer domestique à son divin Cœur, dont l’image veillera sur vos jours et sur vos nuits.

6 novembre 1940. La fête de la Toussaint.

La force d’âme pour la vie quotidienne

Quelle force d’âme n’est pas exigée souvent par cette vie de chaque jour ? Il faudra, chaque matin, reprendre le même travail, rude peut-être et monotone ; il conviendra, pour la paix, de supporter le sourire aux lèvres, aimablement, joyeusement, les défauts réciproques, les oppositions jamais aplanies, les petites divergences de goûts, d’habitudes, d’idées, auxquelles donne lieu souvent la vie commune ; il faudra, parmi les menues difficultés et les petits incidents, inévitables souvent, garder intacts le calme et la bonne humeur ; il s’agira, dans une froide rencontre, de savoir se taire, de savoir retenir les plaintes à temps, de savoir changer de ton et adoucir sa parole qui, si elle ne se maîtrisait, détendrait des nerfs irrités, mais créerait dans le foyer domestique une atmosphère pénible. Que de force d’âme requise en toutes ces occasions ! Ce sont là mille détails infimes de la vie quotidienne, mille instants qui passent ; chacun est bien peu de chose, presque rien ; mais ils se succèdent, ils s’accumulent, ils finissent par devenir pesants et ils contribuent pour une bonne part à entraver et à paralyser, dans une souffrance mutuelle des époux, la paix et la joie du foyer.

20 août 1941. Les héroïsmes des époux chrétiens.

Confiance en Dieu face aux difficultés

« Les malheurs, dirons-Nous avec un grand romancier chrétien, viennent souvent, il est vrai, parce que nous y donnons prise ; mais la conduite la plus avisée et la plus innocente ne suffit point à les écarter et, lorsqu’ils viennent — par notre faute ou non, peu importe — la confiance en Dieu les adoucit et les rend bienfaisants pour une vie meilleure ».[5]

25 février 1942. Le rôle de la femme dans la famille (1). Responsabilité de la femme dans la vie conjugale.

Les époux qui ne sont pas heureux dans leur vie commune

Les vies conjugales les plus malheureuses sont celles où la loi de Dieu est gravement violée par l’un des conjoints ou par l’un et l’autre. Cependant, bien que ces fautes soient une source funeste entre toutes du malheur des familles, Nous ne voulons pas Nous y arrêter aujourd’hui. Nous songeons plutôt aux époux réglés dans leur conduite, fidèles aux devoirs essentiels de leur état, et qui, par ailleurs, ne sont pas heureux dans leur mariage parce que leur cœur y rencontre si souvent le dépit, le malaise, l’éloignement, la froideur et les heurts. Sur qui rejeter la responsabilité de ces troubles et agitations de la vie commune ?

25 février 1942. Le rôle de la femme dans la famille (1). Responsabilité de la femme dans la vie conjugale.

Sacrifice de la mère et confiance en Dieu

mère à la maison au travail

Avez-vous déjà considéré le sacrifice de la mère qui doit pour des motifs particuliers, en plus de ses obligations domestiques, s’ingénier à subvenir par un travail quotidien à l’entretien de sa famille ? Lorsque le sentiment religieux et la confiance en Dieu constituent le fondement de la vie familiale, cette mère conserve, bien plus, elle nourrit et développe en ses enfants, par ses soucis et ses fatigues, le respect, l’amour et la reconnaissance qu’ils lui doivent. Si votre foyer doit passer par là, ayez avant tout une pleine confiance en Dieu, si riche en bonté secourable pour ceux qui le craignent et le servent ; et, dans les heures et les jours où vous avez le loisir de vous donner entièrement aux vôtres, ajoutez-y, avec un redoublement d’amour, le souci d’assurer le minimum indispensable à la vraie vie de famille, et, plus que cela, le souci de répandre dans le cœur de votre mari et de vos enfants de lumineux rayons de soleil qui affermissent, alimentent et fécondent, pour les temps de séparation corporelle, l’union spirituelle du foyer.

11 mars 1942. Le rôle de la femme dans la famille (2). L’épouse, la mère, soleil et joie du foyer domestique.

Le don de soi à l’autre dans la vie du couple

A-t-il vraiment conscience de cette nécessité de la collaboration, celui qui entre dans la vie conjugale avec la prétention d’y apporter et d’y maintenir jalousement sa propre liberté sans rien sacrifier de son indépendance personnelle ? N’est-ce point là marcher au devant des pires conflits, rêver contre toute justice d’une situation impossible et chimérique dans la réalité de la vie commune ? Il faudra donc comprendre et accepter sincèrement et pleinement, avec un amour cordial, et non seulement avec résignation, une condition si essentielle de la voie choisie ; il faudra embrasser avec générosité, courage et joie, tout ce qui rendra possible, sincère et courtoise cette collaboration, que ce soit le sacrifice de goûts, préférences, habitudes ou désirs personnels, ou que ce soit la monotonie des humbles, obscurs et pénibles travaux de la vie quotidienne.

18 mars 1942. La collaboration entre époux dans la vie familiale

La volonté de collaborer

La volonté de collaborer. Qu’est-ce donc que vouloir collaborer ? Vouloir et chercher la collaboration : c’est aimer à travailler ensemble sans attendre que votre conjoint le propose, le demande ou l’exige ; c’est prendre les devants, c’est savoir faire les premiers pas, s’il le faut, pour mettre soi-même l’œuvre en train ; c’est souhaiter ces premiers pas, c’est en avoir le désir vif et tenace, c’est avoir, dans une vigilante sollicitude, la persévérance nécessaire pour trouver le moyen d’une liaison réelle de vos deux activités, sans découragements et sans impatiences quand l’aide que vous apporte votre conjoint pourra ne vous sembler pas suffisante ni proportionnée à vos propres efforts, fidèles que vous restez toujours à votre résolution de ne reculer, coûte que coûte, devant aucun sacrifice qui puisse contribuer à la réalisation de cette harmonie si désirable, si indispensable et si profitable dans la recherche commune du bien de la famille.

18 mars 1942. La collaboration entre époux dans la vie familiale

Comment parvenir à cette collaboration ?

(…) vous voyez bien que, pour s’accorder, il faudra avant tout se connaître mutuellement plus à fond que ne l’a permis le temps des fiançailles : il faudra profiter de toutes les circonstances pour chercher et discerner les vertus et les défauts, les capacités et les lacunes de son conjoint, non pas afin de se lancer dans des critiques ou des querelles, ou de se juger supérieur à lui, ne voyant que les faiblesses de celui ou de celle à qui on a lié sa propre vie, mais afin de se rendre compte de ce qu’on ne peut en attendre, de ce qu’on devra suppléer ou compenser soi-même.

18 mars 1942. La collaboration entre époux dans la vie familiale

De la famille viennent les vocations

ordinations

Pensez-y, bien-aimés fils et filles, c’est dans la famille chrétienne, établie selon la volonté de Dieu sur l’union légitime de l’homme et de la femme, que le Christ et l’Eglise universelle choisissent les ministres et les apôtres de l’Evangile, les prêtres et les hérauts qui paissent le peuple chrétien et qui traversent les océans pour aller illuminer et sauver les âmes. Que ferez-vous, si le divin Maître vient à vous demander la « part de Dieu », l’un ou l’autre des fils ou des filles qu’il aura daigné vous accorder, pour en faire son prêtre, son religieux ou sa religieuse ?

25 mars 1942. La « part de Dieu » dans la famille chrétienne. La vocation des enfants.

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[1] Mt 11, 29

[2] Si 10, 15

[3] cf. Mc 14, 38

[4] Ex 20, 12

[5] Manzoni, Les fiancés, in fine.