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La fête du Christ-Roi

Exposé prononcé le jeudi 13 novembre 2025, pour présenter la fête du Christ-Roi, à l'occasion du 100e anniversaire de l'encyclique Quas Primas de Pie XI. 

Les notes sont celles d'un exposé oral, et non d'une communication écrite.

100 ans de la création de la fête du Christ-Roi. Encyclique Quas Primas de Pie XI.

Contexte très particulier du début du siècle dernier, avec une laïcisation très forte des instances de gouvernement. Le pape souhaite réagir pour rappeler la royauté du Christ.

« Au terme de cette Lettre, Nous voudrions encore, Vénérables Frères, vous exposer brièvement les fruits que Nous Nous promettons et que Nous espérons fermement, tant pour l’Église et la société civile que pour chacun des fidèles, de ce culte public rendu au Christ-Roi. »

(…)

« Les États, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles ; car sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs. »

Bon…

Même si Pie XI rappelle au passage qu’il s’agit bien d’une fête spirituelle :

« Toutefois, ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l’ordre spirituel : les paroles de la Bible que Nous avons rapportées plus haut en sont une preuve évidente, que vient confirmer, à maintes reprises, l’attitude du Christ-Seigneur. »

Il y a tout de même un peu l’idée de se soumettre aux commandements du Christ. Ce qui est vrai, mais la théologie et la pastorale nous font comprendre que la royauté du Christ va plus loin.

Passages de l’écriture

Il y a quelques passages de l’évangile qui nous font comprendre à quoi correspond le royaume du Christ :

  • « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Rendre témoignage à la Vérité. Le Christ ne dit pas : « Je suis venu pour vous apprendre à obéir »

  • « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Peut-être une des phrases les plus fortes. Qui veut vivre dans le royaume du Christ doit avoir la tête dans l’autre monde. (là où se trouve le royaume du Christ). Et que notre objectif n’es pas de créer un royaume terrestre du Christ.
  • « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert »

Lorsque certains veulent l’impliquer dans des actions trop temporelles, ou pour régler des conflits, le Christ « botte en touche »

  • Marthe et Marie
  • « Dis à mon frère de partager avec moi l’héritage »

Ce que l’on retient : appartenir au royaume du Christ, c’est adopter un autre mode de vie et de gouvernement.

  • « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert »
  • « Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » 38 Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

(je suis venu pour rendre témoignage à la vérité)

que l’on peut résumer par : Servir et faire connaître.

  • Les invités de la noce : « Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce. »

Et celui qui n’a pas l’habit de noce est rejeté. (on n’ira pas tous au Paradis)

Faire connaître quoi ? Que Dieu est bon. Que Dieu nous aime. Que Dieu est don. (don entre les personnes de la Trinité). Que Dieu essaie de faire comprendre à l’homme en quoi consiste cet amour qui existe entre les personnes de la Trinité, etc.

L’obéissance aux commandements est un bon départ, mais cela ne peut être une fin, car la fin c’est d’aimer comme Dieu aime.

Une fois que l’on aime comme Dieu aime, on appartient au royaume du Christ. Et le Christ règne sur nous.

  • « Pierre m’aimes-tu ? » Est-ce que tu es capable de te donner à moi ?

Et ce royaume est possible sur terre : « Regnum Dei intra vos est » : le royaume de Dieu est au milieu de nous.

Qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas.

2 commandements en tout et pour tout :

  • Tu aimeras Dieu par dessus tout
  • Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Ce n’est plus l’obéissance à un commandement ponctuel : c’est une attitude qui prend tout notre être.

Cf ce que dit le prélat de l’Opus Dei : « Je ne fais pas d’apostolat : je suis apôtre ».

Toute la question est de laisser le Christ régner en nous.

Dans ma vie quotidienne

Se référer à la méditation proposée par opusdei.fr pour le jeudi de la 32e semaine du temps ordinaire : https://opusdei.org/fr/meditation/meditation-jeudi-de-la-32eme-semaine-du-temps-ordinaire/

« Demeurer unis à la vigne qui est le Christ, à tout moment et en toute circonstance, chaque jour, chaque heure, lorsque c’est facile et lorsque c’est plus ardu : voilà un idéal passionnant et fécond. »

« Un moyen concret de savoir jusqu’à quel point le Seigneur règne en nous est de voir la manière dont nous prenons soin de notre plan de vie spirituel, le temps que nous réservons à la sainte messe, à la prière mentale ou vocale, à la lecture de la Bible et d’un livre de spiritualité… Si le Seigneur est prioritaire dans notre vie quotidienne, ainsi que notre désir de collaborer dans la rédemption du monde, ces temps seront une priorité réelle et effective, puisqu’ils nous aideront à être levain enfoui dans la pâte, sel du monde ».

« Le Règne de Dieu n’arrive jusqu’à nous et jusqu’à ceux qui nous entourent que si nous sommes habituellement unis à la vigne. »

« UN AUTRE DOMAINE où le Règne de Dieu se construit sans spectacle est celui de nos relations avec les autres, spécialement en famille. Au foyer, nous pouvons mettre continuellement en pratique les vertus qui caractérisent la vie-ensemble : bonne humeur, ne pas se prendre trop au sérieux, cordialité, empathie, écoute ; patience, mansuétude, délicatesse… »

La question de fond : « jusqu’où va le don de moi-même ? » (question posée à saint Pierre, la question posée au jeune homme riche : « va, vends tout et suis-moi », etc.)

Saint Josémaria : « Service. Comme j’aime ce mot ! Servir mon Roi et, pour lui, tous ceux que son sang a rachetés ! Si les chrétiens savaient servir ! Confions au Seigneur notre décision d’apprendre à accomplir cette mission de service, car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons connaître le Christ et l’aimer. Le faire connaître et le faire aimer ».

Nous avons quelque chose de spécifique à transmettre

Lors de l’université d’été proposée en juillet 2024 par le Centre Théologique de Meylan, Mgr Jean-Marc Eychenne, dans son intervention d’introduction à cette université, sur le thème Gouvernance(s) et communion ecclésiale, transmettait l’idée suivante (non textuelle) :

« Nous n’avons pas à copier le mode de gouvernance des entreprises. Notre façon de gouverner repose sur le service, comme le Christ »

Nous sommes capables de donner un sens à la vie. C’est la raison pour laquelle de nombreux catéchumènes frappent à la porte de l’Église. Nous sommes les seuls à donner du sens.

Ce n’est que par notre façon de vivre comme citoyen de ce royaume que nous allons donner envie aux autres de découvrir ce royaume. De nos jours, les laïcs sont ceux qui sont le plus en contact avec les autres membres de la société civile.