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Préparer l'Epiphanie

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Alors que nous venons de vivre plus de dix jours de fêtes dans l'octave de la Nativité, voici venir la grande fête de l'Epiphanie, qui quasiment clôture les jours de Noël. Quelques textes et sites de référence pour nous préparer à l'Epiphanie.

Le sens de l'Epiphanie

Assez facilement, on trouve des explications au mot "Epiphanie" : épiphanie signifie "Manifestation", dans le sens où Dieu se manifeste aux nations païennes.

Le Nouveau Testament, en particulier l'Evangile de Matthieu, nous raconte la venue de 3 rois mages, des sages venus d'orient, vraisemblablement des perses (originaires de l'Iran actuel). Il s'agit d'une petite révolution dans le monde biblique, puisque, généralement, Dieu avait une relation particulière avec le peuple d'Israël. Dans le cas présent, ce sont des "païens", des non-juifs, qui viennent adorer et reconnaître "le roi des juifs qui vient de naître".

Ce n'est pas le seul cas dans la bible de païens qui reconaissent et adorent le Dieu d'Israël. La reine de Saba était venue visiter Salomon, par exemple. Il n'empêche que cette adoration de l'Enfant par des non-juifs a une importance toute particulière, puisqu'elle signifie que le Sauveur n'est pas venu uniquement pour sauver Israël.

La fête de l'Epiphanie a une très grande importance dans l'Eglise orthodoxe.

Les pères de l'Eglise et les Docteurs de l'Eglise ont largement commenté cette adoration de l'Enfant par les mages venus d'orient.

L'Epiphanie chez saint Augustin

Plusieurs sermons de saint Augustin sur l'Epiphanie ont pu être conservés.

Le mot Épiphanie, qui vient du grec, peut se traduire par manifestation. C’est donc pour s’être aujourd’hui manifesté aux Gentils que le Rédempteur de tous les Gentils a établi cette fête pour la Gentilité tout entière ; et après avoir, il y a quelques jours, célébré sa naissance, nous célébrons aujourd’hui sa manifestation. Né il y à treize jours, Jésus-Christ notre Seigneur à été aujourd’hui même, dit la tradition, adoré par les Mages. L’adoration a eu lieu, nous en avons pour garant la vérité évangélique ; quel jour a-t-elle eu lieu ? Une fête aussi solennelle le proclame partout avec autorité. Puisque les Mages ont connu, les premiers d’entre les Gentils, Jésus-Christ notre Seigneur ; puisque, sans avoir encore entendu sa parole, ils ont suivi l’étoile qui leur a apparu, et dont l’éloquence céleste et visible leur a tenu lieu de la parole du Verbe encore enfant ; ne semblait-il pas, n’était-il pas véritablement juste que les Gentils vissent avec reconnaissance le jour où fut accordée la grâce du salut aux premiers d’entre eux, et qu’ils le consacrassent à notre Seigneur Jésus-Christ pour le remercier et le servir solennellement ? Les premiers d’entre les Juifs qui furent appelés à la foi et à la connaissance du Christ, sont ces pasteurs qui le jour même de sa naissance vinrent de près le contempler. Ils y furent invités par les Anges, comme les Mages par une étoile. Il leur fut dit : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » ; et pour les Mages s’accomplit cet oracle : « Les cieux racontent la gloire de Dieu ». Les uns et les autres, toutefois, furent comme les premières pierres de ces deux murs de direction différente, la circoncision et l’incirconcision ; ils coururent se réunir à la pierre angulaire, afin d’y trouver la paix et de se confondre dans l’unité.

L'Epiphanie chez saint Bernard de Clairvaux

Dans le recueil d'homélies de saint Bernard sur l'Avent et le temps de Noël, on trouve 3 homélies pour le jour de l'Epiphanie, et trois homélies pour les dimanches qui suivent l'Epiphanie :

Après tout, c’est à cause de cette manifestation que ce jour est célèbre pour nous, sous le nom de jour de l’apparition. En effet, c’est aujourd’hui que les Mages sont venus de l’Orient à la recherche du soleil de justice qui venait de se lever, de celui dont il est écrit : « Voilà l’homme qui a pour nom Orient1. » C’est aujourd’hui qu’ils ont adoré l’enfantement nouveau d’une vierge, après avoir suivi la route que leur indiquait un astre nouveau. N’y a-t-il point là encore pour nous une grande consolation, de même que dans le mot de l’Apôtre dont je vous ai entretenus ? Celui-ci la nomme Dieu ; et ceux-là lui donnent le même titre sinon de bouche, du moins par leurs actions. Que faites-vous, ô Mages, que fais-vous ? Vous adorez un enfant à la mamelle, dans une vile étable, et caché sous de vils langes ? Est-ce que vous voyez Dieu en lui ? Si c’était un Dieu ne serait-il point dans son temple ; le Seigneur, mais c’est dans les cieux qu’il habite : et vous venez le chercher, dans une vile étable, sur le sein d’une mère ? Que faites-vous, encore une fois, et pourquoi lui offrez-vous de l’or ? Est-il donc roi aussi ? Mais où est sa cour royale, où est son trône, où est la foule de ses courtisans ? Faut-il prendre une étable pour la cour d’un roi, une crèche pour son trône, Joseph et Marie pour tous courtisans ? Comment des hommes aussi sages ont-ils pu perdre le sens au point d’adresser leurs adorations à un tout petit enfant, que son âge et la pauvreté de ses parents contribuent à rendre méprisable ? Ils ont perdu le sens, c’est vrai, mais c’est pour le recouvrer, et le Saint-Esprit leur a appris avant tout autre ce que l’Apôtre n’a annoncé que plus tard, c’est que : « Si quelqu’un parmi vous veut être sage, qu’il devienne insensé et il deviendra sage. » N’y avait-il pas lieu de craindre, mes frères, que ces hommes ne se scandalisassent et ne croient être mystifiés en voyant tant de choses indignes d’un Dieu et d’un roi ? De la capitale d’un royaume où ils présumaient qu’ils devaient chercher le roi, ils sont envoyés à Bethléem, dans une misérable petite bourgade ; ils entrent dans une étable et y trouvent un enfant enveloppé de langes. Cette étable ne les choque point, ces langes ne les offusquent point, et cet enfant à la mamelle ne les scandalise point ; ils se prosternent, ils le saluent comme un roi, et l’adorent comme un Dieu ; sans doute c’est que celui qui les a conduits là les a instruits en même temps ; sans doute celui qui les a avertis extérieurement par une étoile, les a aussi intérieurement éclairés. Le Seigneur en se manifestant ce jour-là l’a donc rendu céleste ; et les Mages, par leurs respect leur dévotion, en ont fait un jour de dévotion et de respects.

L'Epiphanie chez saint Bonaventure

Saint Bonaventure a écrit une vie de Jésus remarquable, dans laquelle ne manque pas un chapitre entier consacré à l'Epiphanie du Seigneur, dont voici les premiers paragraphes :

Le treizième jour, l’Enfant-Jésus se manifesta aux nations, c’est-à-dire aux Mages, qui étaient païens. Remarquez, à propos de ce jour, que c’est à peine si vous trouverez une fête qui soit autant solennisée par l’Église et dont le nom revienne aussi souvent dans les antiennes, les répons, les leçons et tout ce qui tient à cette solennité ; non qu’elle soit plus grande que les autres, mais parce qu’en ce jour le Seigneur Jésus a fait de belles et grandes choses, surtout en faveur de son Église D’abord, c’est aujourd’hui qu’il l’a reçue en la personne des Mages, car l’Église a été assemblée d’entre les nations. En effet, au jour de sa naissance, il s’est montré aux Juifs en la personne des bergers, et ils n’ont pas reçu le Verbe à l’exception d’un petit nombre ; mais en ce jour il apparaît aux nations, et c’est parmi elles que se recrute l’Église des élus. Aussi la fête d’aujourd’hui est-elle proprement la fête de l’Église et des fidèles chrétiens.

En second lieu, c’est aujourd’hui que l’Église a été prise par Jésus pour épouse, et lui a été véritablement unie par le Baptême qu’il a voulu recevoir après avoir accompli sa vingt-neuvième année. C’est pourquoi on chante avec allégresse : Aujourd’hui l’Église a été unie à l’Époux céleste, etc. En effet, c’est dans le Baptême, que l’âme devient l’épouse de Jésus-Christ, baptême qui tire sa vertu de celui du Sauveur, et l’assemblée des âmes ainsi régénérée, s’appelle l’Église.

L'Epiphanie chez saint Alphonse de Liguori

Saint Alphonse Marie de Liguori a prononcé un sermon sur l'Epiphanie que nous reproduisons ici intégralement :

1. C'est dans une grotte que le Fils de Dieu, humble et pauvre, vient au monde. Sans doute, les Anges chantent : « Gloire à Dieu dans les hauteurs du ciel ! » (Lc 2, 14) et rendent ainsi leurs hommages au Roi nouveau-né ; mais les hommes pour lesquels il est né, que font-ils ? Ils le délaissent, ils l'ignorent ! À peine quelques bergers accourent-ils le reconnaître pour leur Sauveur, lui payer le tribut de leur vénération !

Lui, cependant, veut commencer dès lors à nous communiquer la grâce de la Rédemption ; aussi se manifeste-t-il même aux gentils qui ne le connaissent ni ne l'attendent. Il fait briller une étoile aux regards des saints ! Mages en même temps que, par une lumière intérieure, il éclaire leur intelligence. Ainsi sollicités, ils se mettent en route pour aller reconnaître et adorer leur Rédempteur.

La vocation à la Foi, c'est la première et la plus grande grâce que Dieu nous ait faite. Malheur à nous, si vous, ô Sauveur du monde, n'étiez venu nous éclairer ! Pareils à nos ancêtres qui se prosternaient devant les animaux, la pierre et le bois, nous adorerions, nous aussi, de vaines idoles, et nous nous damnerions tous. Je vous remercie aujourd'hui au nom de tous les hommes.

2. C'est sans retard que les Mages se sont mis en route. Grâce à l'étoile, ils arrivent à l'endroit même où le saint Enfant les attend. « Ils trouvèrent, dit saint Matthieu, l'Enfant avec Marie, sa Mère » (Mt 2, 11). Une pauvre jeune femme et un pauvre enfant couvert de pauvres langes s'offrent à leurs regards. Dès l'entrée dans la grotte, – demeure d'animaux, – leur cœur est envahi par une grande joie intérieure, puissamment attiré par l'aimable Enfant. Cette paille, cette pauvreté, ces vagissements de leur tendre Sauveur, quelles flèches d'amour, quelles bienheureuses flammes pour leurs âmes éclairées par la Foi !

Moi aussi, ô mon Jésus, plus je vous vois pauvre et humilié, plus je me sens brûler de votre amour.

3. Le divin Enfant accueille les saints pèlerins par un sourire d'une ineffable bonté : c'est ainsi qu'il témoigne sa joie de recevoir les prémices de la Rédemption. Marie garde le silence ; mais quel visage empreint d'une bienveillance céleste elle leur présente ! Quels vifs remerciements de les voir empressés à venir aux pieds de son Fils ! Alors les Mages se prosternent en silence devant Jésus. Ils le reconnaissent pour leur Seigneur et leur Dieu ; ils lui offrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

Ô saint Enfant, ô mon roi Jésus, je vous adore, moi aussi ; je vous offre mon misérable cœur. Daignez l'accepter et le changer. Faites qu'il soit tout à vous, qu'il vous aime vous seul et rien d'autre. Mon doux Sauveur, sauvez-moi, et que mon salut soit de vous aimer toujours et sans réserve.

Vierge sainte, ô Marie, cette grande grâce du véritable amour, c'est de vous que je l'espère.

L'Epiphanie chez saint Pierre Chrysologue

Nous avons déjà publié plusieurs homélies de saint Pierre Chrysologue consacrées à la Parabole du Fils Prodigue. Voici une autre homélie de saint Pierre Chrysologue sur l'Epiphanie :

C’est avant ces jours, c’est-à-dire, avant le huitième jour des calendes de ce mois, au cours duquel les jours commencent à s’allonger, parce que le vrai jour luit, parce qu’il est écrit dans l’Évangile que est né le Christ Jésus, notre Seigneur ; ils se le rappellent aisément ceux qui l’ont lu ou qui l’ont entendu de la bouche des lecteurs.

Les bergers juifs qui veillaient sur leurs troupeaux l’ont appris des anges qui étaient venus le leur annoncer ; aujourd’hui des mages païens, à la recherche des choses étranges, l’ont trouvé dans cette même chair, manifesté par des signes miraculeux. Aux bergers a parlé la voix des ministres spirituels, qui leur annonçait la naissance du Seigneur ; à ces mages c’est l’étoile qui a parlé, comme une voix des cieux. Et ils disent, ceux à qui souvent des prophètes avaient été envoyés : Allons jusqu’à Bethléem, et allons voir ce qui nous a été raconté ; ils disent, ceux à qui aucun prophète n’avait jamais parlé et ils interrogent dans leur recherche : Où est celui qui est né roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. Les bergers arrivent de près, les mages viennent de loin ; les uns et les autres cependant convergent vers un seul et même lieu de la foi avec une pieuse ferveur ; là ils regardent, admirent et reconnaissent le Christ Roi placé entre ces deux bêtes prophétiques, type et figure de deux peuples. Car le bœuf connaît son maître, et l’âne la mangeoire de son Seigneur. (Is 1,3) Le bœuf, le juif, l’a reconnu quand le joug de la loi a été rompu ; l’âne, le païen, l’a reconnu, lui aussi, quand il a renoncé à la barbarie de sa stupidité. Le juif, en déposant le fardeau superflu des observances; et le gentil, en abandonnant l’erreur confuse de la superstition. L’un et l’autre l’ont reconnu, parce qu’ils sont allés tous les deux se nourrir à la mangeoire du Seigneur ; ils n’ont pas mangé le foin de la mort, mais la nourriture du salut. Mangez, mangez, pieux animaux, les mets de la vie éternelle ; et la nourriture de l’éternelle rétribution, autant que vous le pourrez, fournissez-la à vos gosiers avides ; ne la fragmentez pas inutilement, mais avalez-la au complet, d’un seul morceau. Car on ne peut pas diviser le Christ en le mangeant ; il est ingéré par les croyants en entier, et c’est en entier qu’Il est reçu dans la bouche du cœur. Car le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. (Jn 1,14) Il a habité dans l’utérus de la vierge qu’Il a occupé en toute dignité.

Les mages lui présentèrent, comme il est écrit, de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Nous offrons l’encens de la foi d’une région éloignée, la myrrhe de la bonne odeur de la confession prochaine, les dons parfumés de la charité ; nous offrons ces trois dons quand nous confessons qu’Il est Roi, Seigneur et Homme. Mais nous adorerons le Christ en esprit et en vérité, si nous Lui offrons les présents de notre foi et de notre confession ; et comme ces mages, qui sont nos guides dans la foi et les prémisses de notre croyance, après avoir été avertis en songe, c'est-à-dire dans cette vie qui est semblable à un songe, et après avoir déjoué le roi Hérode, c'est-à-dire le diable qui est le prince de ce monde, retournons par une autre route, c'est-à-dire par une autre vie, à notre patrie, d’où nous avons été malheureusement chassés par Adam, mais où nous sommes reconduits miséricordieusement reconduits par le Christ.

D'autres articles sur l'Epiphanie

On peut trouver d'autres articles intéressants qui expliquent le sens chrétien de l'Epiphanie :

Les rois mages, par Henry Coller
 

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