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Pas de DRM aux Editions Blanche de Peuterey

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Pas de DRM aux Editions Blanche de Peuterey
Les DRM (Digital Rights management) sont des systèmes informatiques contre la copie des fichiers numériques, tels que les ebooks ou certains fichiers de musique. Les Éditions Blanche de Peuterey ont fait le choix de ne pas utiliser ces systèmes anti-copie. Non par idéologie ou par principe, mais pour certaines raisons liées au livre numérique lui-même.

Un choix étudié

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à mon activité éditoriale de livres numériques, je me suis posé bien évidemment la question de la protection des ebooks que j’allais vendre. Car on ne peut nier que le problème de la copie et de la protection des œuvres soit un problème réel, nous en parlerons plus en dessous. L’industrie du cinéma et de la musique en sait quelque chose.

J’ai fait mon possible pour me renseigner sur les contraintes techniques que l’utilisation des DRM supposait, et j’en suis arrivé à la conclusion qu’il valait mieux ne pas les utiliser.

Les DRM, ça coûte cher !

Si j’ai bien compris, afin de proposer des livres électroniques avec verrou anti-copie, ceux-ci doivent être hébergés sur un serveur de Contenu Adobe, (Adobe Content Server) dont la location annuelle est, si je me souviens bien, de l'ordre du millier d'euros par an. Ce premier argument est de poids pour une petite structure qui fonctionne sous un statut d’auto-entrepreneur.

Et quand ont dit que les DRM coûtent cher, c’est également en terme de temps passé à résoudre les problèmes techniques suite à une mauvaise manipulation des utilisateurs. Lorsque j’ai commencé mon activité éditoriale, en 2012, les retours de clients suite à des achats de livres avec DRM étaient très importants. Retour, plaintes pour mauvais fonctionnement, problèmes techniques, etc. Plusieurs personnes du secteur m’ont déconseillé les DRM à cause de cette manipulation sensible.

Parce qu’il est très facile de télécharger un livre sur son ordinateur et de ne pas pouvoir le mettre sur sa liseuse ou sons smartphone, parce qu’il est très facile de faire une fausse manipulation et de ne pas pouvoir télécharger à nouveau le livre, etc.

Ces remarques ne sont pas théoriques, je les ai vécues moi-même ainsi que certains de mes amis.

-  Suite à une mise à jour de l’application Kobo pour mon Iphone, j’ai perdu à tout jamais l’un des livres que j’avais acheté. Le livre a disparu de mon compte Kobo, et je ne peux plus le récupérer.

-  Suite à je ne sais quelle erreur, l’un de mes amis a perdu un PDF protégé (le PDF était vendu avec un livre d’histoire papier). Lorsqu’il a voulu récupérer le PDF perdu, le système lui a dit que le livre avait déjà été téléchargé. Même après avoir contacté l’Université qui vendait le livre, rien à faire. PDF perdu pour toujours.

-  Je viens d’assister, il y a quelques jours, à l’achat d’un livre sur Fnac.com qui devait être lu sur une liseuse Kobo, et ce fut toute une histoire. Peut-être dans ce cas précis, s’agit-il plus d’une question d’expérience utilisateur du site web (UX) que de DRM, mais il nous a fallu à deux plus d’un quart d’heure pour récupérer l’ebook.

Avouez que tout cela ne donne pas envie d’acheter des livres numériques. Si chaque achat est un parcours du combattant, à notre époque où l’on veut que les choses se fassent vite, le problème du DRM est, à mon avis, un frein au développement de l’ebook.

Un ebook, cela se prête !

Autre raison fondamentale pour laquelle je ne mets pas de DRM sur mes livres électroniques : un ebook, cela se prête !

C’est l’un des fréquents reproches fait par les lecteurs réguliers : on ne peut pas prêter un ebook. Or un livre, cela se prête : vous le prêtez aux membres de votre famille, à vos amis… Il y a des bibliothèques dans lesquelles on peut emprunter des livres. Bref, de nombreuses personnes ont été déçues par l’ebook, lorsqu’elles se sont rendues compte qu’elles ne pouvaient pas le prêter. Et moi le premier : lorsque j’achète des livres électroniques qui me plaisent, et dont je parle dans mon blog de fiches de lecture, j’aimerais pouvoir les prêter à mes amis.

prêter un ebook

Un ebook, ça se sauvegarde !

Cela fait partie des indications que je transmets désormais aux acheteurs de mes livres : « Sauvegardez vos ebooks, car si vous les perdez, je ne les remplace pas. »

Le fait est que plusieurs clients m’ont déjà dit : j’ai perdu mon disque dur, pouvez-vous me renvoyer les livres que je vous ai achetés ? Ce à quoi je réponds : « Si votre armoire brûle, vous ne dites pas au marchand de chaussettes : redonnez-moi des chaussettes, car mon armoire a brûlé ! »

J’encourage donc fortement mes clients à faire des copies de sauvegarde de leurs livres numériques. Encore faut-il pouvoir le faire ! Un livre avec DRM ne peut pas, par principe, être copié et sauvegardé.

Comment lutter contre la copie ?

Au fond je n’ai pas trouvé de réponse idéale. Je dois dire que pour l’instant, je n’ai pas encore été très lésé par ces questions, même si je ne suis pas dupe ; j’y reviendrai plus bas.

-  Le premier moyen que j’ai mis en place est une politique de petit prix. Car je me dis que si les livres ne sont pas très chers, les lecteurs auront tendance à les acheter plutôt que de passer du temps à les chercher sur des plateformes compliquées.

-  Au début, j’ajoutais au commencement de mes livres une phrase du genre : « le prix de ce livre est délibérément faible, s’il vous plait ne favorisez pas la copie ». J’ai fini par la retirer.

-  Ensuite, j’hésite toujours à développer mon activité dans certains pays. Mes livres étant francophones, on pourrait penser que j’aurais tout intérêt à les promouvoir dans toute la francophonie. J’ai eu des contacts physiques, avec des personnes de certains pays, qui auraient pu me servir de relais et de « promoteur ». Mais ces personnes elles-mêmes m’ont dit qu’il y avait toutes les chances pour que mes livres soient copiés et diffusés illégalement. Je reste donc prudent quant à la diffusion de mes livres dans certains pays. (à vous de trouver lesquels…)

Je pense très sincèrement que plus on proposera une offre légale « honnête », essentiellement des livres avec des petits prix, on luttera efficacement contre la copie. Sauf erreur, c’est ce que Apple et Steve Jobs ont fait en lançant Itune : proposer une offre légale facile d’accès, sur laquelle on pouvait acheter la musique à petit prix et à l’unité. Un titre, sans avoir à acheter tout l’album. Et que je sache, la solution est rentable.

Je crois en la propriété privée

Vous avez pu le constater : mon opposition aux DRM n’est pas la conséquence d’une idéologie où tout devrait être à tout le monde. Je crois en la propriété privée, je crois en la juste rémunération des auteurs, des éditeurs, etc. Je crois au vol : diffuser gratuitement ce qui ne m’appartient pas est du vol.

Je suis assez remonté contre certaines plateformes de livres numériques gratuits, sur lesquelles vous trouvez une très grande partie des livres d’auteurs du domaine public. Prenez une armée de retraités qui travaillent gratuitement, qui scannent, font de la reconnaissance de caractère, fabriquent les ebooks, les mettent en ligne, et paient l’hébergement web, et c’est la mort des éditeurs. Pour quelle raison, sous prétexte que l’auteur est dans le domaine public, faudrait-il que toutes les œuvres numériques soient gratuitement à la portée de tous ? Un livre papier coûte de l’argent, un livre numérique coûte de l’argent. Vous comprenez que si vous voulez acheter une pièce de Molière chez votre libraire, cela vous coûte ne serait-ce que le prix du livre et un petit quelque chose pour le libraire qui loue son magasin, paie son électricité, et aimerait pouvoir dégager de quoi manger à la fin du mois. Sous prétexte que le livre est numérique, pourquoi faudrait-il qu’il soit gratuit ?

Il y a, dans cette idéologie égalitaire, une vision que je ne partage pas, et qui est, à mon avis, un frein à la diffusion de l’ebook. Car le premier réflexe des éditeurs français a été la peur de la copie. Rétablir un climat de confiance est très certainement un motif indispensable au développement du livre numérique.

Toutes ces plateforme de livres gratuits se font les chantres de la lutte contre les DRM. Mais pas pour les mêmes raisons que moi.

propriete privee

Quelques détails supplémentaires

Un jour que j’ai été convoqué – amicalement – par un inspecteur de la brigade de répression des fraudes, qui répondait à une enquête sur le livre numérique pour le compte de l’Etat, j’ai évoqué cette question du livre numérique gratuit sous prétexte que l’auteur du livre était dans le domaine public. Il a reconnu que cela posait problème et en a pris note, pour l’ajouter à son étude. (Cela fait plus de deux ans…)

J’ai déjà commencé à retrouver certains de mes livres sur des plateformes où ils sont diffusés illégalement. Mais c’est tellement compliqué de s’inscrire sur ces plateformes que, pour l’instant, je ne m’en inquiète pas trop. Je viens néanmoins d’en retrouver un en PDF, et je vais m’intéresser à la questions.

Grâce à mon diffuseur Immateriel.fr, j’ai un bon outil de statistiques pour les ventes de mes livres. Quel que soit le livre, je constate régulièrement qu’il est acheté sur Amazon, quelques temps après sa sortie. Le livre peut ensuite rester très longtemps sans acheteur. Le fait que systématiquement, chacun de mes nouveaux livres trouve acquéreur quelques semaines après sa sortie m’interpelle.

Donc, comme je le disais, je ne suis pas naïf. Mais pour l’instant le risque est calculé, et relativement faible.