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Le livre électronique, une révolution réprimée ?

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Le livre électronique, une révolution réprimée ?
Deux articles viennent de sortir dans la presse, présentant le livre électronique comme une révolution qui n’a pas tenu ses promesses. Le livre papier ferait de la résistance. Éditeur de livres électroniques, je ne peux que constater ce manque de succès du livre électronique, mais je continue à croire en certains de ses avantages. Les grands éditeurs français n’ont pas joué le jeu, et à cause de leur frilosité, ils se sont privés d’un marché qui aurait pu relancer certains livres.

Le livre électronique n’a pas tenu ses promesses. C’est un constat  que deux articles de presse viennent de faire. L’un chez France Culture, [1] l’autre dans le Dauphiné Libéré. [2] Les deux articles mettent en avant certaines raisons : le prix qui n’est pas attractif, la fatigue numérique de la part des utilisateurs, le livre papier étant vu comme un bon moyen de se reposer.

Histoire d’enfoncer le clou, CBNews publie un sondage dans lequel 80% des français disent préférer la version papier d’un magazine à sa version électronique. Qui plus est, l’article donne les raisons de ce choix : peur du burn out numérique, trop de temps passé sur les tablettes et les écrans, rejet de la publicité massive que l’on y trouve. [3]

Il faut bien reconnaître que le livre numérique n’a pas encore percé ni attend le développement que l’on pouvait escompter. Ce constat est valable tout au moins en France, mais pas uniquement. Alors que les ventes d’ebooks avaient bien progressé aux dans les pays anglophones, elles semblent stagner ces derniers mois, voir chuter. [4]

Un constat qu’il faut relativiser.

J’avoue que, en travaillant sur cet article et en recherchant mes sources, je ne sais plus quoi penser. D’un coté, selon les Echos (mars 2017) « le numérique ne cesse de grignoter du terrain ». [5] De l’autre, selon lesnumeriques.com, « Les ventes de livre numérique sont en baisse, alors que les ventes de livres classiques s’envolent ». [6] Il semblerait même que les français lisent plus. [7]

En tout cas, certains pensent que les chiffrent annonçant la chute des ventes d’ebooks sont faux, et le disent, avec des arguments très recevables. C’est le cas de liseuses.net, qui parle d’une nouvelle mascarade au sujet des ventes d’ebooks. En particulier, on ne tiendrait pas compte, dans ces sondages, des livres auto-édités vendus sur Amazon, par exemple.

Une chute pour tout type de format

A coté de cela, les derniers chiffres semblent annoncer une baisse tout format confondu. En mai 2017, on aurait vendu 3% de livres en moins qu’en mai 2016. [8]

Bref. On se croirait un soir d’élection politique…

Il n’empêche que l’on a, à mon avis, raté une occasion d’ouvrir un nouveau marché.

La faute aux éditeurs français.

La frilosité française face à une évolution technologique ne surprendra personne : nous étions très en retard par rapport aux autres pays pour le téléphone portable, nous le sommes pour le livre électronique. Lorsqu’un livre papier est vendu 22€, et le livre électronique 15€, il n’y a aucune raison de ne pas prendre le livre papier.

D’autres acteurs du marché abondent dans ce sens. C’est le cas de liseuses.net, qui reproche aux éditeurs de ne pas jouer le jeu,  [9] et qui suggère, entre autre, de baisser les prix. [10]

Le modèle qui aurait pu être intéressant est celui d’Itune, initié par Steve Jobs : de la musique à petit prix, pour empêcher la copie et les versions pirates. Jobs a eu du mal à convaincre Sony de mettre son catalogue sur Itunes, mais finalement toutes les majors de la musique ont accepté l’idée de mettre leurs titres à la disposition d’Appel, pour qu’ils soient vendus à petit prix.

Une rivalité qui n’a pas de sens

Pourquoi veut-on absolument opposer le livre électronique et le livre papier ? Chaque format a ses avantages et ses inconvénients. Il eut été plus utile d’exploiter chaque format pour une meilleure vente.

La mobilité

Premier avantage du livre électronique : la mobilité. Pour quelqu’un qui voyage, ne serait-ce que pour une personne qui utilise souvent et longtemps les transports en communs, le livre électronique est fait pour elle.

Une ré-édition à petit prix.

Le livre électronique aurait pu être vu comme une seconde chance pour un livre. L’occasion de proposer, sous un autre format peu cher, des classiques, des romans d’il y a quelques années, mais que l’on ne trouve plus sinon chez quelques bouquinistes. Le livre papier ayant été amorti, le risque d’éditer du livre numérique aurait été faible. Mais les gains étaient facilement prévisibles.

Si je pouvais relire à petit prix Octobre Rouge, de Tom Clancy (paru en 1990) pour 3 euros, je l’aurais fait.

Le risque de disparition du livre papier faible.

Dès le début, il aurait été facile de penser que le risque de disparition du livre papier serait faible. Car de nombreuses personnes n’apprécient pas la liseuse ou le smartphone pour lire. Promouvoir le livre électronique ne signifiait pas contribuer à faire disparaître le livre papier. Ce qui est clair, c’est qu’en maintenant le prix du livre électronique élevé, on n’a pas favorisé sa diffusion.

Des sujets non adaptés au livre électronique

Certains types de livres ne sont pas adaptés au livre électronique. Je pense aux « beaux livres » (avec beaucoup de photos), aux livres techniques, aux livres que l’on feuillette pour passer le temps ou se faire plaisir… Le livre papier a ses avantages.

Un partage difficile.

Le livre électronique peut difficilement se prêter. C’est l’un de ses points faibles. Il peut éventuellement se copier, si le fichier n’est pas protégé par des DRM. Mais je comprends parfaitement que certains préfèrent acheter des livres papiers, pour les prêter aux autres membres de la famille, par exemple. Le livre électronique reste assez individuel. Mais prêtez-vous la musique que vous achetez sur Itune ?

Conclusion

Je veux garder espoir. Cela prendra peut-être plus de temps que prévu, mais je reste persuadé qu’il y a un créneau pour l’édition numérique. Chaque format aura ses particularité, et l’on saura apprécier à leur juste valeur les avantages de l’un et de l’autre.

Notes

[1] https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-livre-numerique-t-il-encore-un-avenir

[2] http://www.ledauphine.com/loisirs/2017/09/29/le-livre-numerique-revolution-manquee

[3] http://www.cbnews.fr/etudes/80-des-francais-preferent-un-magazine-print-a-sa-version-numerique-a1037889

[4] http://www.livreshebdo.fr/article/etats-unis-forte-baisse-des-ventes-de-livres-numeriques

[5] https://www.lesechos.fr/24/03/2017/LesEchos/22411-088-ECH_le-monde-de-l-edition-celebre-le-livre--un-marche-de-4-milliards-d-euros.htm

[6] https://www.lesnumeriques.com/liseuse/ventes-livres-numeriques-en-baisse-n62603.html

[7] http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20170322.OBS6985/youpi-les-francais-lisent-de-plus-en-plus.html

[8] http://www.livreshebdo.fr/article/les-ventes-de-livres-en-baisse-de-3-en-mai

[9] http://www.liseuses.net/mefiez-vous-des-chiffres-65-de-livres-numeriques-mais-20-de-lecteurs/

[10] http://www.liseuses.net/editeurs-et-si-vous-baissiez-le-prix-des-ebooks/